Désigné meilleur jeu de l'année en France, "Clair Obscur" poursuit sa moisson de récompenses
Après son sacre américain en décembre, le jeu vidéo "Clair Obscur: Expedition 33" a triomphé jeudi soir à domicile en remportant le prix du "meilleur jeu de l'année" lors de la 7e édition des Pégases, qui récompensent les meilleures créations françaises du secteur.
Déjà multirécompensée dans le monde, la première production du studio montpelliérain Sandfall Interactive a également été distinguée dans les catégories "Excellence visuelle", "Excellence narrative" et "Meilleur univers sonore".
"Que ce jeu ait pu trouver à la fois son public et sa place dans l'industrie, c'est vraiment un immense honneur", a lancé sur la scène de la Cigale à Paris Tom Guillermin, l'un des cofondateurs du studio, entouré de toute l'équipe du jeu mais aussi de huit animateurs sud-coréens qui ont travaillé avec Sandfall, conviés pour l'occasion.
Publié par l'éditeur britannique Kepler Interactive, "Clair Obscur: Expedition 33" a été développé en grande partie par une équipe d'une trentaine de personnes, une taille relativement modeste par rapport aux blockbusters du secteur.
"On a ce petit truc en plus en France, dans les histoires qui parlent de thèmes pas forcément évidents à aborder mais qui le font avec beaucoup de justesse et de sincérité", a salué Guillaume Broche, le directeur du jeu, en recevant le trophée de l'"excellence narrative".
Ce couronnement marque une nouvelle consécration pour ce jeu de rôle inspiré du Paris de la Belle Epoque, qui avait déjà remporté en décembre le titre de meilleur jeu à la cérémonie des Game Awards à Los Angeles, une première pour un titre français.
Situé dans un univers post-apocalyptique, il narre l'odyssée tragique d'un groupe de personnages parti défier une entité surnaturelle menaçant l'humanité.
- "Merci à Sandfall" -
Le titre, qui s'inspire notamment de la célèbre saga japonaise Final Fantasy, a séduit les joueurs avec son histoire touchante et ses personnages attachants, le tout saupoudré d'une jouabilité originale nécessitant une dose de réflexes pour parer les attaques de ses adversaires.
L'an dernier, c'est un autre studio montpelliérain, celui du géant français Ubisoft, qui avait remporté le titre avec "Prince of Persia: The Lost Crown".
Intitulé "The Rogue Prince of Persia", le tout dernier opus de cette saga créée en 1989 et qui s'inspire librement des "Mille et Une Nuits" a remporté cette année le titre du "meilleur premier jeu", reçu des mains du metteur en scène Thomas Jolly.
"Merci à Sandfall de ne pas avoir postulé dans cette catégorie !", s'est amusé sur scène Steve Filby, le patron du petit studio bordelais Evil Empire qui a développé le titre pour le compte d'Ubisoft.
De quoi redonner un peu de baume au coeur aux fans de la série après l'annulation en janvier du très attendu remake de "Prince of Persia: les Sables du temps", victime d'un nouveau tour de vis dans les dépenses du géant français.
"Absolum", jeu d'action du studio parisien Dotemu se déroulant dans un univers médiéval-fantastique, repart avec les prix du "meilleur jeu indépendant" et du "meilleur game design".
- "Turbulences" -
Malgré l'incontestable triomphe de "Clair Obscur" à l'international, le secteur du jeu vidéo en France n'a pas vraiment le coeur à la fête en ce moment.
A l'ouverture de la cérémonie, la présentatrice de la soirée Salomé Lagresle a rappelé "les turbulences que connaît l'industrie", confrontée depuis plusieurs années à une panne de croissance et une chute des investissements privés au niveau mondial.
Son premier employeur, Ubisoft, compte se séparer de 200 employés de son siège à Saint-Mandé (Ile-de-France), soit près de 5% de ses effectifs en France, tandis que l'éditeur français Nacon, derrière des titres comme "Hell is Us", a été placé cette semaine en redressement judiciaire.
Le groupe, qui possède 16 studios et emploie près d'un millier de personnes, n’exclut pas de devoir vendre certains actifs ou procéder à des licenciements.
Le jeu vidéo est la première industrie culturelle française en termes de chiffre d'affaires avec 5,8 milliards d'euros générés en 2024, selon le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell).
F.Fontaine--JdCdC