Journal du Club des Cordeliers - Forte mobilisation à Bruxelles contre les réformes du gouvernement belge

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Forte mobilisation à Bruxelles contre les réformes du gouvernement belge
Forte mobilisation à Bruxelles contre les réformes du gouvernement belge / Photo: Nicolas TUCAT - AFP

Forte mobilisation à Bruxelles contre les réformes du gouvernement belge

Une manifestation contre les réformes économiques du gouvernement belge, dirigé par le conservateur flamand Bart De Wever, a réuni jeudi à Bruxelles 80.000 personnes selon la police, plus de 100.000 selon les syndicats, qui se sont félicités d'une nouvelle forte mobilisation.

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La police de la capitale belge avait dénombré 80.000 manifestants déjà le 14 octobre, au pic de la mobilisation syndicale engagée depuis début 2025, à l'entrée en fonctions du nouveau gouvernement.

"C'est le signe d'une détermination très forte mais aussi de l'angoisse générée par la situation géopolitique. Elle montre que les fins de mois vont devenir vraiment très difficiles avec l'augmentation d'une série de produits de base; essence, diesel, produits de chauffage", a déclaré à l'AFP Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la Confédération des syndicats chrétiens (CSC).

Dans le cortège, de nombreuses pancartes avec le chiffre 67 barré s'en prenaient à la suppression des possibilités de départ en retraite anticipé et à l'alignement public/privé sur l'âge de 67 ans à l'horizon 2030.

- "Planifier ma vie, pas ma survie" -

Cette réforme des pensions doit s'accompagner d'un système de bonus-malus tout juste dévoilé par le gouvernement et qui est jugé par les syndicats très défavorable aux carrières hachées et donc aux femmes.

"A 25 ans je veux planifier ma vie, pas ma survie", pouvait-on lire sur la pancarte d'une jeune femme, croisée par l'AFP dans le cortège.

Interpellé à la Chambre par l'opposition de gauche qui lui reprochait un "coup de force antisocial", le Premier ministre a réaffirmé que ses réformes étaient indispensables pour assainir les finances publiques.

"Maintenir le cap, c'est notre devoir. Ne pas le faire, ce serait une preuve d'égoïsme envers nos enfants et petits enfants", a martelé Bart De Wever.

Verte, rouge, bleue: la marée humaine reflétait les couleurs des trois syndicats ayant appelé ensemble à cette manifestation doublée d'une journée de grève, à savoir la CSC, la FGTB (socialiste) et la CGSLB (libéral).

Des dizaines d'associations s'étaient également jointes au défilé, comme la branche belge d'ATD Quart Monde, inquiète des conséquences de la réforme du chômage.

- "Augmentation de la pauvreté" -

"On craint une énorme augmentation de la pauvreté plutôt qu'un retour à l'emploi. Les formations proposées sont souvent très réduites", a dit à l'AFP Baptiste Boulbes, un bénévole de cette organisation.

La manifestation s'est principalement déroulée sans heurts, la police faisant état d'une cinquantaine d'interpellations.

Le Parlement belge a voté l'été dernier la limitation à deux ans des allocations chômage, une réforme phare du gouvernement De Wever accusée par les syndicats de précariser des milliers de Belges, particulièrement dans la région de Bruxelles et en Wallonie (sud), où le taux de chômage est deux fois plus élevé qu'en Flandre (nord).

Transports publics, administrations, collecte des déchets: la grève a entraîné des perturbations dans de nombreux secteurs.

Faute d'agents de sécurité et de manutentionnaires en nombre suffisant, les deux principaux aéroports belges, Bruxelles-Zaventem et Charleroi, ont annulé à l'avance tous les départs qui étaient initialement prévus jeudi.

C.Clement--JdCdC