Journal du Club des Cordeliers - Près des trois quarts des Français disent avoir renoncé à un soin ces 5 dernières années

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Près des trois quarts des Français disent avoir renoncé à un soin ces 5 dernières années
Près des trois quarts des Français disent avoir renoncé à un soin ces 5 dernières années / Photo: SEBASTIEN BOZON - AFP/Archives

Près des trois quarts des Français disent avoir renoncé à un soin ces 5 dernières années

A un an de l'élection présidentielle 2027, "l'accès aux soins se dégrade toujours": 73% des Français disent avoir renoncé à un moins un acte de soins ces cinq dernières années, a déploré mardi la Fédération des hôpitaux publics, appelant les candidats à se saisir de ce thème "crucial".

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"Au moment où beaucoup de démocraties sont menacées, la question de la santé est une priorité pour nos concitoyens", a déclaré lors d'une conférence de presse Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France. "L'accès aux soins continue de se dégrader et il est urgent d'avoir une vision à plus long terme".

Selon un sondage Ipsos pour la FHF (échantillon représentatif de 2.500 personnes, par Internet) le temps d'obtention d'un rendez-vous médical s'allonge: les Français déclarent avoir attendu 12 jours en moyenne pour voir un généraliste contre quatre jours en 2019. Ils ont patienté trois semaines et deux jours pour voir un pédiatre, contre deux semaines et quatre jours en 2019.

Ce délai déclaré a presque triplé chez le cardiologue, puisqu'il faut désormais attendre trois mois et deux jours contre un mois et trois semaines en 2019. Il a aussi doublé chez le dermatologue: quatre mois et deux semaines aujourd'hui, contre deux mois et deux jours à l'époque.

Quelque 73% des Français disent avoir renoncé "à au moins un acte de soin" (consultation, analyses, médicaments...) dans les cinq dernières années en raison de délais trop longs, de difficultés d'accessibilité géographique ou budgétaires, soit 10 points de plus qu'en 2024 (63%). Quelque 63% disent avoir "peur de devoir être hospitalisés au vu de la situation actuelle des hôpitaux".

Près d'un français sur deux (49%) déclare aussi s'être déjà rendu aux urgences pour autre chose qu'une "urgence médicale". La situation est particulièrement critique dnas les régions Centre-Val-de-Loire, Bourgogne-France-Comté ou Pays-de-la-Loire.

"La campagne (présidentielle) de 2022 a très peu abordé ces questions-là", notamment parce qu'elle a été "préemptée" par le candidat d'extrême droite Eric Zemmour, et "il y a un réel enjeu à faire prendre conscience aux pouvoirs publics que la santé est l'une des premières préoccupations" des Français, a souligné une représentante de l'Ipsos, Adélaïde Zulfikarpasic.

Le déficit des hôpitaux publics est toujours "très préoccupant", a souligné Mme Riet. Il atteignait 2,5 milliards d'euros fin 2025 et même 2,7 milliards en incluant les Ehpad (2,9 milliard au total en 2024).

B.Baron--JdCdC