Journal du Club des Cordeliers - Chili : le gouvernement de Kast suspend la régularisation massive de migrants

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Chili : le gouvernement de Kast suspend la régularisation massive de migrants
Chili : le gouvernement de Kast suspend la régularisation massive de migrants / Photo: Patricio BANDA - AFP

Chili : le gouvernement de Kast suspend la régularisation massive de migrants

Le gouvernement du président chilien d'extrême droite José Antonio Kast a annoncé lundi suspendre la régularisation de près de 182.000 migrants prévue sous l'administration de son prédécesseur, dernière mesure emblématique du début de son mandat.

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José Antonio Kast a pris ses fonctions à la tête du pays andin le 11 mars, avec la promesse d'imposer une "main de fer" contre l'immigration irrégulière.

Le chef de l'État le plus à droite du Chili depuis la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990) associe l'augmentation de la criminalité à l'arrivée de migrants en situation irrégulière ces dernières années.

Selon un communiqué du Service des migrations transmis à l'AFP, le gouvernement de gauche de Gabriel Boric avait adopté un décret prévoyant la régularisation de 182.000 personnes ayant participé à un processus de recensement de migrants entrés illégalement dans le pays. Le texte n'était pas encore entré en vigueur.

"Nous n'allons pas procéder à une régularisation massive comme l'avait proposé le gouvernement Boric", a déclaré le directeur du Service des migrations, Frank Sauerbaum.

L'autorité a ajouté que "heureusement", le décret "n'a pas été mis en œuvre car nous avons appris aujourd'hui que 6.000 personnes sur les 182.000 avaient déjà commis un délit".

Cinq jours après sa prise de fonctions, le président Kast s'était rendu dans la région d'Arica, à la frontière avec le Pérou, pour superviser la construction de barrières destinées à empêcher l'entrée de migrants dans les trois régions du nord du pays. Il avait fixé un délai de 90 jours pour leur achèvement.

Le gouvernement avait également annoncé une augmentation du nombre de militaires déployés aux frontières, ainsi qu'un renforcement de leurs moyens de surveillance, incluant des drones, des caméras et des équipements spécialisés.

- "Enormément d'incertitude" -

Le gouvernement prévoit également d'envoyer au Parlement deux projets de loi destinés à freiner la migration, dont l'un sanctionnerait les personnes aidant les migrants à entrer irrégulièrement au Chili et l'autre érigerait en délit l'entrée illégale sur le territoire.

"Toute cette situation génère énormément d'incertitude", a déclaré à l'AFP Freymar Marquez, une Vénézuélienne de 30 ans. "S'ils refusent la régularisation à ces personnes qui se sont enregistrées, qu'en sera-t-il de celles qui ne sont pas inscrites? ", s'interroge-t-elle.

José Antonio Kast a déclaré à la presse lundi que ces dernières années, "le Chili a été fragilisé par l'immigration illégale, le narcotrafic et le crime organisé".

Selon des données officielles, près de 337.000 migrants en situation irrégulière vivent au Chili, principalement des Vénézuéliens. José Antonio Kast a promis de promouvoir leur expulsion.

Il a toutefois écarté l'idée d'interpellations en masse. "Nous ne voulons pas mener une traque lieu par lieu. Mais chacun sait qu'il devra, à un moment donné, se confronter à l'État", avait-il assuré en mars à la presse locale.

Les entrées irrégulières sont en baisse depuis 2021, avec un recul de 10,2% en 2025, selon des chiffres officiels.

Le Chili reste l'un des pays les plus sûrs d'Amérique latine avec un taux d'homicides en 2025 de 5,4 pour 100.000 habitants.

L.Laurent--JdCdC