Journal du Club des Cordeliers - Moyen-Orient: nouveau coup de chaud sur le marché de la dette publique

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Moyen-Orient: nouveau coup de chaud sur le marché de la dette publique
Moyen-Orient: nouveau coup de chaud sur le marché de la dette publique / Photo: TIMOTHY A. CLARY - AFP

Moyen-Orient: nouveau coup de chaud sur le marché de la dette publique

Les taux d'intérêt des emprunts d'Etat grimpent à nouveau mardi, gagnés par la peur que l'inflation ne s'installe durablement dans l'économie mondiale en raison de la persistance du blocage du détroit d'Ormuz et de la flambée du pétrole.

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Vers 15H40 GMT, le taux d'intérêt de la dette américaine à dix ans atteignait 4,67%, au plus haut depuis début 2025, contre 4,59% la veille en clôture. Son équivalent à échéance 30 ans était à 5,18%, un sommet depuis 2007.

En Europe, le rendement de l'emprunt allemand à échéance dix ans atteignait 3,18%, contre 3,14% la veille, des niveaux comparables à 2011. Il était à seulement 3,04% jeudi soir.

Son équivalent français était à 3,82%, contre 3,77% la veille. Et le taux italien à dix ans prenait 0,05 point par rapport à lundi soir à 3,97%.

"Les marchés obligataires sont en train d'enregistrer l'hypothèse d'une inflation durablement plus élevée, et croient de moins en moins à un accord entre l'Iran et les Etats-Unis", explique à l'AFP Antoine Andreani, analyste pour XTB.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième du brut mondial, reste toujours irrémédiablement bloqué en l'absence d'accord entre Téhéran et Washington, ce qui continue de maintenir la pression sur les prix du pétrole.

Or, la flambée des prix du brut commence à infuser dans les principales économies mondiales, où des indicateurs publiés ces dernières semaines montrent une hausse de l'inflation, de l'Asie à l'Amérique du Nord, en passant par l'Europe.

Mardi, les prix du pétrole bougeaient peu mais restaient à un haut niveau.

Vers 15H40 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence en Europe, s'échangeait à 110,46 dollars le baril (-1,46%), et le WTI, son équivalent nord américain, restait stable, à 108,06 dollars (-0,55%). Avant le conflit, le prix oscillait autour de 70 dollars le baril.

Le dollar, monnaie internationale du marché du pétrole, qui bénéficie d'un statut de valeur refuge depuis le début du conflit, prenait dans la foulée encore de la valeur face à l'euro (+0,45%), à 1,1603 dollar pour un euro.

- Wall Street recule avant Nvidia-

Dans ce contexte d'incertitude, à Wall Street, vers 15H40 GMT, les investisseurs se détournaient des actifs liés au secteur de la tech et des semi-conducteurs, qui ont grimpé ces dernières semaines: le Nasdaq reculait (-0,94%), tout comme le S&P 500 (-0,62%). De son côté, le Dow Jones perdait 0,41%.

"Tout le monde attend Nvidia", avant les résultats du premier trimestre de la première capitalisation mondiale prévue mercredi après Bourse, prévient Antoine Andreani, de XTB.

Le fabriquant de microprocesseurs incarne l'espoir des investisseurs dans la révolution technologique induit par l'intelligence artificielle, au-delà de l'horizon de la guerre au Moyen-Orient. D'ici cette publication, les investisseurs prennent leurs bénéfices dans le secteur.

Une "grosse déception" pourrait, dans le contexte actuel, provoquer une "importante correction des marchés", prévient Antoine Andreani.

Si "l'IA continue de constituer le principal soutien des actions américaines", les conséquences de la guerre en Iran commencent à "peser sur le moral des investisseurs", selon Florian Ielpo de Lombard Odier.

-Les Bourses européennes résistent -

Donald Trump a annoncé lundi avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque qui aurait dû avoir lieu selon lui mardi contre l'Iran, assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

En Europe, ce report a d'abord donné "un certain soutien aux cours boursiers", selon Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets. Mais "la situation demeure extrêmement fragile et peut changer à tout moment", ajoute-t-il.

La dynamique s'est d'ailleurs quelque peu essouflée au cours de la séance, même si la plupart des indices n'ont pas basculé dans le rouge. Francfort a pris 0,38%. Paris (-0,07%) et Londres (+0,07%) ont fini proche de l'équilibre. Milan a cédé 0,65%.

S.Schmitt--JdCdC