Journal du Club des Cordeliers - Affaire des actions Hermès/LVMH: deux avocats et une notaire suisses mis en examen à Paris

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Affaire des actions Hermès/LVMH: deux avocats et une notaire suisses mis en examen à Paris
Affaire des actions Hermès/LVMH: deux avocats et une notaire suisses mis en examen à Paris / Photo: Lionel BONAVENTURE - AFP/Archives

Affaire des actions Hermès/LVMH: deux avocats et une notaire suisses mis en examen à Paris

Deux avocats et une notaire suisses ont été mis en examen à Paris dans l'affaire des actions Hermès dont un héritier de la maison de maroquinerie française dit avoir été dépossédé au profit de LVMH.

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Nicolas Puech, résident suisse de 83 ans, accuse son ex-gestionnaire de fortune, Eric Freymond, de l'avoir spolié de ses actions au profit du géant du luxe français.

Il s'est constitué partie civile fin 2023, pour abus de confiance, soupçonnant ce gestionnaire "d'avoir détourné depuis 1998, au travers de sociétés de droit suisse qu'il administrait, des actifs dont il avait la gestion, et d'avoir vendu ses actions sans son accord", a expliqué le parquet de Paris.

Une information judiciaire contre X avait été ouverte en novembre 2015 à la suite d'une plainte, le mois précédent, d'Hermès International pour des faux et usage de faux dont était soupçonné M. Freymond.

Déjà poursuivi pour faux fin 2019, ce dernier a été également mis en examen le 9 juillet 2025 pour abus de confiance aggravé entre 1998 à 2023, ainsi que faux et usage de faux en France et en Suisse en 2024 et 2025. Il a alors été placé sous contrôle judiciaire avec obligation de fournir un cautionnement de cinq millions d'euros.

Mais le sexagénaire "a mis fin à ses jours" peu après, le 21 juillet 2025, a indiqué le parquet, et l'action publique est donc éteinte le concernant.

- Escroquerie en bande organisée -

Plusieurs de ses complices présumés ont été mis en examen récemment, a indiqué le parquet à l'AFP, confirmant des révélations de Libération.

Le 9 avril, l'avocate suisse Vanjia Megevand l'a été pour tentative d'escroquerie en bande organisée au préjudice de M. Puech.

Le 18 mai, c'était au tour de l'avocat suisse François Besse, avocat de M. Freymond, d'être mis en examen notamment pour complicité d'abus de confiance aggravé: il est soupçonné d'avoir abusé de sa qualité d'avocat pour dispenser à M. Puech des conseils en réalité dans l'intérêt de son client et en mettant à disposition un compte bancaire.

Autre mis en examen le 27 mai: Alexandre Montavon, avocat suisse administrant la société Dilico, soupçonné d'avoir participé au détournement des actions Hermès de M. Puech au profit de LVMH, de 2001 à 2014.

"Les personnes mises en examen contestent les faits dont elles sont soupçonnées", a souligné le parquet.

M. Besse, "qui conteste les griefs formulés à son encontre, réserve ses explications à la justice", a précisé à l'AFP son avocat, Benjamin Grundler.

Les autres personnes concernées ou leurs avocats n'ont pas souhaité s'exprimer ou pas donné suite.

La société Vernes Gestion a elle été placée sous le statut de témoin assisté. Elle "n'a pas été mise en examen tout simplement parce qu'il n'y a rien dans la procédure qui puisse laisser penser qu'elle ait commis la moindre faute", a déclaré à l'AFP son avocat Julien Visconti.

- Rivalité historique -

Le sort des actions Hermès est au cœur d'une affaire complexe aux multiples rebondissements, sur fond de rivalité historique entre le maroquinier et LVMH. Ce dernier avait accumulé au début des années 2000 une participation de 23% dans son concurrent, déclenchant un des duels les plus marquants de la Bourse française.

Outre la procédure au pénal, M. Puech a assigné au civil LVMH et le milliardaire Bernard Arnault, leur réclamant 14 milliards d'euros.

En décembre dernier, LVMH et son actionnaire ont réaffirmé "avec force n'avoir, à aucun moment, détourné des actions" de Hermès International.

Hermès avait déposé plainte avec constitution de partie civile en 2012 notamment pour délit d'initié et manipulation de cours, après l'annonce, en octobre 2010 par LVMH, de sa détention d'actions Hermès. L'enquête de l'AMF (Autorité des marchés financiers) "a établi la volonté du groupe LVMH de dissimuler son entrée progressive dans le capital d'Hermès", selon le parquet. L'AMF a condamné LVMH en 2013 à une amende de huit millions d’euros.

Selon Le Canard Enchaîné, Eric Freymond aurait avoué devant les juges, peu avant son suicide, avoir vendu en 2008 à LVMH, 4,8 millions de titres, après plusieurs autres ventes plus restreintes.

M.Marchand--JdCdC