Journal du Club des Cordeliers - Snap lance ses lunettes de réalité augmentée Specs, pari sur l'après-smartphone

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Snap lance ses lunettes de réalité augmentée Specs, pari sur l'après-smartphone
Snap lance ses lunettes de réalité augmentée Specs, pari sur l'après-smartphone / Photo: Joel Saget - AFP

Snap lance ses lunettes de réalité augmentée Specs, pari sur l'après-smartphone

Snap, la maison mère du réseau social Snapchat, a lancé mardi ses lunettes de réalité augmentée Specs, un pari coûteux pour une entreprise en difficulté, qui joue sa carte dans la compétition des objets connectés portables et de l'après-smartphone.

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Présentées au salon Augmented World Expo de Long Beach (Californie), les Specs sont les premières lunettes de réalité augmentée autonomes destinées au grand public, selon l'entreprise.

Elles seront commercialisées à l'automne aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France, et réservables dès mardi pour 2.195 dollars.

Snap vise ainsi un créneau intermédiaire: des lunettes plus sophistiquées que les modèles proposés par Meta et bientôt Google, que le PDG de Snap, Evan Spiegel, voit plutôt comme un "accessoire de téléphone", et moins encombrantes et coûteuses que les casques, qu'il décrit comme "très performants et immersifs, mais très lourds à porter et qui coupent du monde".

"Si nous ne parvenons pas à faire entrer l'informatique dans le monde où nous vivons, il sera très difficile de la rendre plus humaine", déclare à l'AFP le patron du groupe, dont l'entreprise s'est lancée dans la réalité augmentée il y a 12 ans.

Les lunettes avec écran intégré, comme les Ray-Ban Display de Meta ou un lointain projet de Google, donnent 'l'impression d'avoir un minuscule écran de téléphone collé à l'œil', juge Evan Spiegel: les Specs, elles, analysent l'environnement pour y superposer des objets numériques en 3D qui interagissent avec la vue réelle.

Snap met en avant un prix inférieur à celui des casques de réalité mixte, comme le Vision Pro d'Apple, lancé à 3.499 dollars et dont le fabricant a depuis cessé le développement faute de ventes, selon plusieurs médias.

A ce prix inférieur, "nous pouvons mettre cette technologie entre le plus grand nombre de mains possible", fait valoir le chef d'entreprise.

- Démonstration dans La Caverne -

Le marché reste embryonnaire. Meta domine avec ses lunettes Ray-Ban, vendues à plus de sept millions d'exemplaires, mais sa branche dédiée perd des milliards de dollars. Google a annoncé des lunettes connectées pour l'automne et Samsung commercialise depuis octobre un casque fonctionnant sous le système Android XR de Google.

Sur les Specs, l'assistant d'intelligence artificielle n'est qu'une fonction parmi d'autres, souligne M. Spiegel: les développeurs peuvent y recourir aux modèles d'OpenAI, à Gemini de Google ou à des modèles ouverts.

L'AFP a assisté en avant-première à une démonstration à La Caverne du Pont-Neuf, installation de l'artiste français JR, nouvel empaquetage du plus vieux pont de Paris après Christo et Jeanne-Claude.

Équipé des Spectacles, la génération actuelle de lunettes de Snap réservée aux développeurs, le visiteur y voit un vol de chauves-souris décomposé à la manière du pionnier de la chronophotographie Étienne-Jules Marey, puis une danseuse, avatar de Marion Barbeau, la vedette du film "En corps" de Cédric Klapisch.

"Ce que je trouve génial avec la réalité augmentée, c'est qu'on traverse nos écrans", a déclaré JR à l'AFP. La France est l'un des trois marchés de lancement des Specs, où Snap dispose d'un studio de réalité augmentée depuis 2021.

Ce lancement intervient alors que Snap, déficitaire depuis son entrée en Bourse en 2017, a supprimé en avril 16% de ses effectifs, soit environ 1.000 postes.

Le groupe revendiquait près de 956 millions d'utilisateurs mensuels au premier trimestre.

Le produit dévoilé mardi est précisément celui que le fonds activiste Irenic Capital Management, actionnaire de Snap, a réclamé de fermer ou de céder, dénonçant une activité qui aurait absorbé selon lui plus de 3,5 milliards de dollars.

Interrogé par l'AFP, M. Spiegel n'a communiqué ni marge, ni volumes de production, ni objectif de ventes, disant mesurer le succès des Specs à la créativité des développeurs plutôt qu'à des indicateurs financiers.

Il a écarté toute cession de l'activité "pour le moment", sa structure en filiale offrant selon lui "beaucoup de flexibilité".

F.Faure--JdCdC