Journal du Club des Cordeliers - Trump plaide pour "l'auto-régulation" en recevant les grands patrons de l'IA

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Trump plaide pour "l'auto-régulation" en recevant les grands patrons de l'IA
Trump plaide pour "l'auto-régulation" en recevant les grands patrons de l'IA / Photo: Oliver Contreras - AFP

Trump plaide pour "l'auto-régulation" en recevant les grands patrons de l'IA

Confronté à des inquiétudes toujours plus vives sur le développement de l'intelligence artificielle, Donald Trump a expliqué mardi que l'auto-régulation restait son approche préférée et a assuré que les grands patrons du secteur, qu'il a reçus, voulaient "agir de la bonne manière."

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Pendant une très brève apparition devant la presse, flanqué d'Elon Musk (Tesla, X, SpaceX, Grok) et Jensen Huang (Nvidia), le président américain a parlé d'un "sentiment incroyable" régnant dans la pièce.

"C'est un sentiment d'amour pour notre pays, ils veulent tous agir de la bonne manière", a assuré le milliardaire de 80 ans.

"Il y a ce sentiment qu'il devrait y avoir une très grande auto-régulation, et nous avons une régulation automatique avec le ministère de la Justice, le FBI, tout ça. Mais l'auto-régulation est très importante", a dit Donald Trump, hostile à tout encadrement contraignant qui briderait selon lui le développement de l'IA et donc la puissance technologique américaine.

Il a ajouté qu'il signerait plus tard mardi un document instituant officiellement la terminologie "super intelligence" au lieu d'"intelligence artificielle."

Mark Zuckerberg (Meta), Jeff Bezos (Amazon), Sundar Pichai (Google), le président d'OpenAI Greg Brockman mais aussi Dario Amadei (Anthropic) ont participé au déjeuner à la Maison Blanche, tout comme David Sacks, investisseur et ancien conseiller spécial de Donald Trump sur l'IA.

Sur les 31 convives, deux femmes: Susie Wiles, directrice de cabinet de Donald Trump, et Lisa Su, patronne d'AMD.

Plusieurs incidents de sécurité ces derniers mois et des mises en garde très sombres sur les dangers encourus par l'humanité ont fait de l'IA un sujet de campagne à l'approche des législatives du 3 novembre.

Selon un sondage publié par CNN, 82% des Américains se disent "inquiets" du rythme de développement de l'IA, contrastant avec l'optimisme affiché par le président américain.

Pour les républicains, ce décalage se révèle inconfortable avant ces élections de mi-mandat, qui pourraient coûter au parti conservateur le contrôle du Congrès.

Le chef de file des républicains à la Chambre des représentants, Mike Johnson, est à l'initiative de cette grande réunion à la Maison Blanche.

Il a jugé sur la chaîne CNBC qu'il fallait trouver "le bon équilibre" entre la sécurité et la volonté de faire des Etats-Unis le leader de l'IA, plaidant pour une supervision parlementaire.

- "Essentiellement de bons usages" -

L'IA "aura essentiellement de bons usages et nous mettrons fin aux mauvais usages", avait assuré un peu plus tôt Donald Trump lors du lancement d'un nouveau site d'accès aux ressources gouvernementales, ajoutant que les États-Unis ne "succombaient pas à la peur" face aux nouvelles technologies.

OpenAI avait annoncé lundi renoncer au lancement d'un modèle jugé trop risqué.

Resté à San Francisco, son Pdg Sam Altman a appelé à une approche "centriste" arbitrant entre deux risques: celui d'une "perte de contrôle accidentelle" et celui d'une "trop grande concentration du pouvoir".

Anthropic, éditeur du modèle Claude, a lui averti dans son prospectus d'introduction en Bourse que ses technologies d'IA pourraient présenter des "risques existentiels pour l'humanité", selon le Financial Times mardi.

Une sortie de Dario Amodei appelant, mi-septembre, à ralentir la cadence a été vivement critiquée, par les républicains mais aussi au-delà, bien que Sam Altman (OpenAI), Demis Hassabis (Google DeepMind), Elon Musk et Satya Nadella (Microsoft) l'aient soutenu.

"Il faut au moins avoir un plan et des garde-fous", a estimé le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, qui prône une "touche légère" de régulation.

Au sein même du microcosme IA, deux camps se sont formés. Le premier, celui de Dario Amodei, Sam Altman et Demis Hassabis, en appelle aux politiques pour mettre de l'ordre dans cette course folle.

Le second, proche de Donald Trump, compte Jensen Huang ou Mark Zuckerberg et reproche à ces entreprises de se défausser, notamment pour obtenir une exemption de responsabilité en cas de défaillance d'une IA.

Le patron de Nvidia, géant des puces, estime que la sécurité de l'IA est avant tout un problème technique que de meilleurs outils peuvent résoudre.

"S'ils pensent qu'ils ont perdu le contrôle (sur leur IA), alors ne sortez pas de produits tant qu'ils ne sont pas sous contrôle", avait-il lancé la semane dernière.

N.Nicolas--JdCdC