Journal du Club des Cordeliers - COP31 : les énergies fossiles dominent toujours, la transition difficile

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COP31 : les énergies fossiles dominent toujours, la transition difficile
COP31 : les énergies fossiles dominent toujours, la transition difficile / Photo: Tobias SCHWARZ - AFP/Archives

COP31 : les énergies fossiles dominent toujours, la transition difficile

Près de 200 pays se sont engagés lors de la COP28 de Dubaï en 2023 à transitionner hors des énergies fossiles. Mais la production mondiale de pétrole, de charbon et de gaz a augmenté depuis, en dépit du développement des énergies renouvelables.

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État des lieux sur la part des énergies fossiles dans le mix énergétique mondial.

- Les énergies fossiles dominent toujours -

L'approvisionnement mondial en énergie a augmenté de 1,7% en 2025, selon le rapport annuel de The Energy Institute, un organisme professionnel basé au Royaume-Uni.

Les énergies renouvelables ont été le moteur de cette croissance, mais l'offre de pétrole, gaz et charbon a aussi augmenté sur la période, note l'étude. Et les énergies fossiles conservent "leur position dominante, représentant 86% de l'approvisionnement énergétique total".

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) évalue, elle, à 81% la part d'énergies fossiles dans le mix énergétique mondial en 2024 (30% de pétrole, 28% de charbon, 23% de gaz).

Aux États-Unis, principal producteur mondial de gaz et de pétrole, ces deux ressources représentaient chacune 36% du mix énergétique en 2024, et le charbon environ 10%, selon l'AIE.

En Chine, qui consomme plus d'un quart de l'énergie mondiale, le mix reposait à 60% sur le charbon, 18% sur le pétrole et 8% sur le gaz.

En Europe, avec 45% de son énergie provenant du nucléaire en 2025, contre 26% du pétrole et 11% du gaz, la France se distingue de son voisin allemand, qui se repose à 35% sur le pétrole, 28% sur le gaz et 15% sur le charbon, selon l'AIE.

- Difficile transition -

Les énergies renouvelables croissent rapidement, notamment du fait de l'électrification des usages.

En 2025, la production d'électricité solaire dans le monde a ainsi bondi de 28% et représente désormais 8,5% de la production électrique, rattrapant presque l'éolien et le nucléaire, selon un rapport de l'AIE sur l'électricité paru en juillet.

Mais "si on doit parler de transition, il faut vraiment spécifier que c'est sur la partie électricité", souligne-t-il.

Cette dernière représente 23% de la consommation finale d'énergie dans le monde, selon les dernières données de l'AIE. Elle reste issue principalement des énergies fossiles - du charbon (34%) et du gaz (22%) - les renouvelables apportant 34%.

Si la croissance des renouvelables peut faire espérer un dépassement du pic de la demande en charbon - principal contributeur aux émissions de CO2 d'origine humaine - d'ici 2030, "ce n'est pas la même dynamique dans le gaz et le pétrole", nuance Jean-Baptiste Fressoz, chercheur au CNRS et historien de l'énergie.

"L'idée que l'envol d'une énergie va produire la diminution symétrique des autres énergies est une vue de l'esprit", ajoute M. Fressoz.

Selon le dernier rapport annuel de l'AIE, dans le scénario basé sur les politiques actuelles, la demande de charbon commence à se replier avant la fin de cette décennie, mais celle de pétrole et de gaz continue à croître jusqu'en 2050 (de respectivement 13% et 30% entre 2024 et 2050).

- "Modérer l'importance des COP" -

À l'aube de la COP31 en Turquie, trois ans après le compromis de Dubaï, la question de la sortie des énergies fossiles ne figure pas à l'ordre du jour officiel.

La question "a pris une place centrale" et a été "très clivante" lors de la COP30 à Belem au Brésil en 2025, raconte Romain Ioualalen de l'ONG Oil Change International. Mais elle ne figure pas dans les conclusions.

En novembre, les discussions seront principalement centrées sur l'électrification.

"Il faut modérer l'importance des COP", estime M. Fressoz. "Ce qui est important, c'est ce qu'il se passe sur le terrain."

Certains pays, comme l'Inde ou la Chine, "ne parlent pas beaucoup sur le plan diplomatique mais font des efforts assez colossaux au niveau national", juge Romain Ioualalen.

Des décisions dictées par la hausse des prix des énergies fossiles, les complications sur les chaînes d'approvisionnement et les inquiétudes de souveraineté énergétique. "C'est le marché qui dicte les comportements", tranche Jean-Baptiste Fressoz.

V.Vidal--JdCdC