Journal du Club des Cordeliers - Rubio dans les Caraïbes sur fond de crise à Cuba

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Rubio dans les Caraïbes sur fond de crise à Cuba
Rubio dans les Caraïbes sur fond de crise à Cuba / Photo: Jonathan Ernst - POOL/AFP

Rubio dans les Caraïbes sur fond de crise à Cuba

Les Etats-Unis ont confirmé mercredi avoir infléchi à des fins humanitaires leurs restrictions à l'exportation de pétrole à Cuba, en manque drastique de carburant, au moment où le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, participe à un sommet dans les Caraïbes.

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Ce pétrole d'origine vénézuélienne pourra être revendu et acheminé au secteur privé à Cuba, à condition que les transactions ne profitent pas au régime de La Havane mais "au peuple" de l'île, a annoncé le ministère américain des Finances.

Les Etats-Unis imposent depuis janvier un blocus énergétique à Cuba, invoquant la "menace exceptionnelle" que ferait peser sur la sécurité nationale américaine cette île communiste située à seulement 150 km des côtes de la Floride.

Le président Donald Trump estime que Cuba est une "nation en faillite" et exhorte La Havane à conclure un accord avec les Etats-Unis, tout en rejetant l'idée d'une opération visant à renverser le régime.

L'annonce sur le pétrole survient alors que le chef de la diplomatie américaine, qui est lui-même d'origine cubaine, participe à un sommet des chefs de gouvernement de la Communauté caribéenne (Caricom), dans l'archipel de Saint-Christophe-et-Niévès.

Après avoir assisté au discours sur "l'état de l'Union" du président Donald Trump devant le Congrès, M. Rubio a pris un vol de nuit pour se rendre au sommet dans cette ancienne colonie britannique.

Dans son discours mardi, le président américain s'est félicité d'avoir rétabli "la domination" des Etats-Unis en Amérique latine grâce à sa "doctrine Donroe", une allusion à la politique du président américain James Monroe qui, en 1823, affirmait que la région était la chasse gardée des Etats-Unis.

Depuis la capture de Nicolas Maduro lors d'une opération militaire américaine le 3 janvier, l'administration Trump a amorcé une normalisation des relations avec Caracas et la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez. Washington s'efforce aussi de faire main basse sur le pétrole vénézuélien, dont dépendent de nombreuses îles dans la région, notamment Cuba.

S'exprimant lors d'une réunion en présence des dirigeants des Caraïbes, Marco Rubio a déclaré que pour que le Venezuela puisse "véritablement se développer et tirer pleinement parti des richesses de ce pays au profit de ses habitants, il aura besoin de la légitimité d'élections démocratiques - justes et démocratiques".

Plusieurs dirigeants de la Caricom se sont alarmés de la situation à Cuba, le Premier ministre jamaïcain, Andrew Holness, avertissant qu'une nouvelle détérioration aurait un impact sur la stabilité dans les Caraïbes.

- "Souffrance" -

"La souffrance humanitaire ne sert personne", a déclaré mardi M. Holness. "Une crise prolongée à Cuba ne restera pas confinée à Cuba", a-t-il ajouté, appelant à fournir de "l'aide humanitaire" aux Cubains.

A cet égard, le Canada a annoncé mercredi débloquer 5.8 millions de dollars en aide humanitaire pour l'île.

L'hôte du sommet, le Premier ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, Terrance Drew, a également demandé un soutien humanitaire en faveur de Cuba, déclarant: "Une Cuba déstabilisée nous déstabilisera tous".

Médecin de formation, M. Drew a étudié pendant sept ans à Cuba. "Je ne peux que ressentir la douleur de ceux qui m'ont si bien traité lorsque j'étais étudiant", a-t-il affirmé.

A l'opposé, Kamla Persad-Bissessar, Première ministre de Trinité-et-Tobago, a dit compatir avec le peuple cubain. Mais "nous ne pouvons pas préconiser que d'autres vivent sous le communisme et la dictature", a-t-elle averti.

Elle a également critiqué les pays de la Caricom pour leur réticence, du moins en public, à soutenir ce qu'elle a qualifié d'"éléphant dans la pièce": l'intervention américaine au Venezuela.

Trinité-et-Tobago, dont la côte est visible depuis le Venezuela, a donné accès à l'armée américaine à l'approche de l'opération qui a renversé Nicolas Maduro.

La Première ministre trinidadienne a également salué l'approche américaine dans les Caraïbes en matière de lutte contre la drogue, l'immigration illégale et le trafic d'armes.

Les Etats-Unis ont mené des dizaines de frappes contre des embarcations transportant, selon Washington, de la drogue dans les Caraïbes et le Pacifique, faisant au moins 150 morts, et soulevant des questions sur leur légalité au regard du droit international.

B.Bonnet--JdCdC