Des tirs pakistanais font sept morts et 85 blessés en Afghanistan, selon les autorités
Sept personnes ont été tuées et 85 blessées lundi par des tirs pakistanais sur la ville d'Asadabad et sur d'autres zones de l'est de l'Afghanistan, a annoncé le directeur du département de la Santé publique de la province de Kunar.
"Toutes les victimes sont des civils", a précisé ce responsable, Muzaffar Mukhlis.
Le conflit entre le Pakistan et l'Afghanistan a fait des centaines de morts et de blessés depuis le 26 février, selon des chiffres de l'ONU.
"Aujourd'hui (lundi), le régime militaire pakistanais a tiré des obus de mortier et des roquettes sur Asadabad, le chef-lieu de la province de Kunar" et sur un autre district de cette région frontalière, a affirmé sur X Hamdullah Fitrat, le porte-parole adjoint du gouvernement taliban.
"Des maisons civiles et l'Université ont été visées", a-t-il ajouté. Il avait fait état, plus tôt dans la soirée, de "70 civils blessés, dont 30 étudiants ainsi que des femmes et des enfants, et quatre tués".
Un correspondant de l'AFP à Asadabad a parlé à plusieurs habitants de cette ville dont les proches ont été blessés.
Le ministère pakistanais de l'Information a nié sur X avoir frappé des zones d'habitation ou l'Université d'Asadabad, qualifiant les propos en ce sens de "mensonges éhontés".
A Asadabad, l'atmosphère était tendue lundi soir, avec de nombreux points de contrôle et des drones survolant cette cité proche du Pakistan déjà bombardée fin mars, a constaté un correspondant de l'AFP.
- "Il jouait, un obus est tombé" -
A l'hôpital provincial, Zmarai Kunari, un professeur de 40 ans du district de Sarkano, est venu soutenir son frère. "Il a été blessé dans le bombardement pendant qu'il allait chercher son oncle. Les fils de mon oncle ont aussi été blessés et l'un d'entre eux est mort", raconte-t-il à l'AFP près du lit où son frère est soigné.
Sahatullah, un habitant d'Asadabad âgé de 22 ans, est quant à lui au chevet de son neveu : "Il jouait dehors, un obus est tombé, il a été blessé".
Dans la province frontalière de Paktika, dans le sud-est de l'Afghanistan, des gens ont aussi signalé des tirs pakistanais lundi.
"Une personne a été tuée dans le village de Rabot aujourd'hui", a dit à l'AFP Mushtaq Wazir, qui vit dans le district de Barmal. Un autre habitant de cette région, Suhbat Katwazi, a aussi fait état d'un mort dans ce village quand "un obus de mortier a touché une maison".
Le Pakistan et l'Afghanistan sont en conflit depuis des mois. Le premier accuse le second d'accueillir des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP) qui ont revendiqué des attaques meurtrières au Pakistan. Les autorités talibanes afghanes le démentent.
Les violences se sont intensifiées le 26 février, le Pakistan évoquant même alors une "guerre ouverte" contre l'Afghanistan et bombardant plusieurs fois sa capitale Kaboul, ainsi que Kandahar (sud) où vit le chef suprême des talibans et des zones frontalières.
Après une frappe pakistanaise sur un hôpital pour toxicomanes de Kaboul le 16 mars qui a fait des centaines de morts et de blessés, selon l'ONU, et suscité des condamnations internationales, une trêve était restée en vigueur au moment de la fête de l'Aïd el-Fitr, à la fin du ramadan donc. Elle avait pris fin le 24 mars.
Pékin avait annoncé en avril que le Pakistan et l'Afghanistan avaient "consenti" au cours de pourparlers en Chine à éviter toute nouvelle escalade.
Selon un dernier bilan de l'ONU datant de mi-mars, au moins 76 civils afghans ont été tués dans ce conflit depuis le 26 février auxquels s'ajoutent les 250 morts au moins dans la frappe contre l'hôpital dans la capitale afghane le 16 mars.
Environ 94.000 personnes ont été déplacées par les affrontements, selon la même source, dont plus de 25.000 dans la province de Kunar.
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M.Morel--JdCdC