Athlétisme: sans complexe, le jeune Américain Anthony décroche l'or mondial sur 60 m
Sans complexe, le jeune sprinteur américain Jordan Anthony a assumé son nouveau statut de favori en décrochant vendredi à Torun en Pologne le titre mondial sur 60 mètres, à 21 ans et pour sa première sélection chez les seniors.
L'athlète venu du foot américain se savait attendu en Pologne tant il a impressionné cet hiver : méconnu avant ces dernières semaines puisqu'il évoluait encore en championnat universitaire l'année dernière (champion NCAA sur 100 m), il avait été flashé en 6 sec 43 mi-février pour décrocher la meilleure performance de l'année sur 60 m.
Anthony avait ensuite créé la surprise début mars aux championnats des Etats-Unis d'athlétisme en salle, quand il s'était imposé devant Trayvon Bromell et surtout devant son partenaire d'entraînement et champion olympique Noah Lyles, ainsi privé du voyage en Pologne.
Mais encore fallait-il assumer ce statut de nouvelle pépite du sprint sur la scène mondiale, lui qui vivait à Torun sa première sélection chez les seniors après avoir rejoint à la rentrée le groupe d'entraînement de Lance Brauman en Floride.
Plus jeune, moins musculeux que la plupart de ses rivaux mais pas impressionné pour un sou, Anthony a passé les tours sans trembler vendredi pour s'imposer en 6 sec 41 en finale, devant le vice-champion olympique et vice-champion du monde du 100 m jamaïcain Kishane Thompson (6.45) tandis que Trayvon Bromell, complète le podium (6.45, départagé aux millièmes de seconde).
"Je viens du foot, j'ai déjà joué devant bien plus de monde donc c'était facile pour moi", a souri Anthony après la course, interrogé sur sa gestion de la pression pour ses débuts avec le maillot américain.
- "Encore sous le pied" -
"Je pense que j'en ai encore sous le pied. Mais le plus important est d'avoir réussi mes premiers championnats et de ramener l'or", a-t-il ajouté, se disant pressé d'attaquer la saison estivale.
"Quand je regarde Jordan (Anthony), j'ai l'impression de me voir dans le miroir il y a dix ans", s'est réjoui Bromell, champion du monde en salle en 2016, à 20 ans, et satisfait du bronze vendredi, dix ans plus tard.
Pour Kishane Thompson, la médaille d'argent sera sûrement plus difficile à avaler vendredi, lui qui enchaîne les deuxièmes places en grands championnats après celle des JO de Paris (2e du 100 m à 5 millièmes de l'or) en 2024 et celle des Mondiaux de Tokyo en 2025.
Le Jamaïcain, qui a explosé sur la scène internationale en 2024 et qui n'avait jamais couru de 60 m en salle avant l'hiver dernier, rêvait d'un premier titre planétaire pour sa première participation aux Mondiaux "indoor" mais devra encore attendre.
La première journée des championnats a également été marquée par le sacre au poids de l'Américaine Chase Jackson, qui s'est imposée grâce à un jet à 20,14 m à son quatrième essai.
Au triple saut, l'Italien Andy Diaz Hernandez, médaillé de bronze olympique à Paris en 2024, a plié le concours dès son premier saut mesuré à 17,47 m.
- Guillemot facile -
Du côté des Français, la soirée a débuté en trombe avec la qualification facile d'Agathe Guillemot en finale du 1.500 m, après une série menée de bout en bout et remportée en 4 min 16 sec 25.
"Ça fait du bien à la tête de gagner et maintenant j'ai une journée pour me reposer. Je pense que tout est possible (en finale) et que je peux battre tout le monde : les Ethiopiennes, les Américaines, les Européennes", a souri la Bretonne de 26 ans.
Déception par contre pour le spécialiste du triple-saut Jonathan Seremes. Prétendant à la médaille mondiale après ses 17,25 m réalisés début mars, il n'a pas fait mieux que 16,93 m vendredi et se contentera de la 5e place. Son coéquipier Melvin Raffin a lui mordu ses trois essais et n'est pas classé.
Les Mondiaux en salle se poursuivent samedi à Torun, avec au programme les finales très attendues du saut à la perche masculin et du 3.000 m masculin.
R.Roger--JdCdC