Pas de verdict pour le suspect d'un des incendies de Los Angeles
Les jurés chargés d'évaluer la responsabilité d'un Américain soupçonné d'avoir volontairement déclenché l'un des incendies meurtriers de Los Angeles en 2025 ont déclaré vendredi être incapables de rendre un verdict, poussant le parquet fédéral à réclamer un nouveau procès.
Le procès, qui a duré un peu plus de trois semaines, a permis de mettre en lumière les soupçons pesant sur Jonathan Rinderknecht, un chauffeur Uber de 30 ans que les procureurs accusent d'être à l'origine d'un incendie déclaré dans la nuit du Nouvel An 2025.
Les pompiers pensaient avoir initialement maîtrisé ce foyer, mais il est reparti six jours plus tard, ravageant le quartier huppé de Pacific Palisades, où des milliers d'habitations avec vue sur l'océan Pacifique ont été détruites et 12 personnes sont mortes - sur les 31 victimes ayant péri au total dans les incendies de janvier 2025.
L'accusation l'a dépeint en chauffeur VTC en colère contre la société capitaliste, et désireux de brûler un quartier de riches où il avait un temps habité.
Mais sa défense a argué qu'il n'était qu'un bon samaritain qui avait appelé les secours pour signaler l'incendie originel, tout en assurant que les flammes auraient été créées par des feux d'artifice.
Son avocat l'a également dépeint comme un bouc émissaire utilisé pour masquer l'échec des pompiers de Los Angeles a éteindre le feu initial, en pointant leur responsabilité dans la catastrophe.
Après deux jours de délibérations, les jurés ont reconnu vendredi matin ne pas pouvoir "parvenir à un verdict unanime". Dix souhaitaient l'acquitter, tandis que deux voulaient le condamner.
Le procureur fédéral Bill Essaily a immédiatement annoncé que ses services maintenaient les poursuites et allaient réclamer l'organisation d'un nouveau procès.
"Les preuves sont solides que Jonathan Rinderknecht est responsable de l'embrasement du feu le 1er janvier 2025, qui est finalement devenu l'incendie des Palisades", a écrit le magistrat sur X.
"Nous avons pleinement l'intention de rejuger cette affaire devant un nouveau jury et d'obtenir des verdicts de culpabilité sur tous les chefs d'accusation", a-t-il ajouté.
Poursuivi entre autres pour incendie criminel, M. Rinderknecht risquait jusqu'à 45 ans de prison.
L'enquête n'a jamais fourni de preuves scientifiques établissant qu'il était à l'origine du feu. Les données de son téléphone ont montré qu'il était proche du point de départ des flammes.
Cette nuit-là, plusieurs passagers l'ont décrit comme en colère, furieux contre le capitalisme et faisant des allusions à la nécessité de se faire justice soi-même et à Luigi Mangione, l'Américain accusé d'avoir tué le patron de United Healthcare et parfois dépeint en Robin des bois moderne sur les réseaux sociaux.
G.Guillet--JdCdC