Belgique : les pompiers se battent pour "encercler définitivement" l'incendie
Les pompiers, qui luttent depuis vendredi contre un incendie historique dans l'est de la Belgique, ont bon espoir mardi soir de réussir à encercler ce feu, espérant ensuite le vaincre définitivement.
Si cette stratégie, mise en oeuvre dès la nuit de lundi à mardi, fonctionne, alors "dans ce cas-là le feu sera complètement encerclé et on peut espérer qu'il puisse être fixé", a résumé Tony Hosmans, responsable de la communication de crise pour la province de Liège, où se trouve le parc naturel des Hautes Fagnes.
Quelque 3.000 hectares y ont déjà été ravagés par les flammes.
Tony Hosmans a précisé mardi soir à l'AFP que "le feu devrait être entièrement encerclé d'ici la fin de la journée", tout en soulignant que les conditions restaient "difficiles" et que les opérations se poursuivraient toute la nuit.
"Aujourd'hui (mardi) est une étape vraiment cruciale car si nous parvenons enfin à encercler complètement le feu, nous savons que nous devrions ensuite être en mesure de le maîtriser", a ajouté le porte-parole du gouvernement régional, Nicolas Yernaux.
Les pompiers ont travaillé dès la nuit de lundi à mardi à faire la jonction entre les fronts est et nord du sinistre, dans des conditions d'accès souvent très difficiles. Deux pompiers, légèrement blessés et hospitalisés, ont pu rentrer chez eux mardi, selon Tony Hosmans.
La jonction faite, les soldats du feu seront alors en mesure de progresser et d'éteindre enfin cet incendie, le plus important en Belgique depuis 1911, lorsque les flammes avaient déjà ravagé la zone des Hautes Fagnes.
Le ministre belge de l'Intérieur, Bernard Quintin, a toutefois averti que l'extinction totale de l'incendie prendrait encore "des semaines", en raison notamment de la tourbe, très présente dans ce parc naturel et qui a la capacité de brûler en profondeur.
Des avions bombardiers d'eau venus de Norvège, d’Allemagne, de Suède et des Pays-Bas sont intervenus pour prêter main-forte, mais ils ont été cloués au sol à plusieurs reprises en raison d'une couverture nuageuse basse et n'ont pas pu opérer du tout mardi.
La pluie qui tombe par intermittence sur la zone a ralenti la progression de l'incendie en augmentant le taux d'humidité, mais les conditions météorologiques ont gravement perturbé le soutien aérien. Selon M. Hosmans, "aucune amélioration notable" des conditions n'est attendue mercredi.
- Etrépage dans la nuit -
Dès la nuit de lundi à mardi, les pompiers ont procédé à de l'étrépage, tactique consistant à enlever la couche superficielle du sol pour le mettre à nu et retirer ainsi la charge inflammable.
Ils comptent aussi sur les moyens aériens, dont deux hélicoptères norvégiens arrivés sur place lundi soir. Encore faut-il que les conditions météorologiques permettent leur décollage.
La pluie est revenue dans l'est de la Belgique, avec l'avantage de diminuer la progression du feu. "L'inconvénient, c'est qu'elle entraîne un plafond bas et diminue l'intervention des moyens aériens", a expliqué Tony Hosmans devant la presse.
En dépit de ces conditions météorologiques très changeantes, les autorités demeurent confiantes. "A ce stade, le feu demeure contenu", ont-elles assuré mardi dans un communiqué.
Lundi soir, des habitants de Sourbrodt, commune proche des Hautes Fagnes, qui avaient été évacués de manière préventive, ont été autorisés à réintégrer leur domicile, selon ce texte.
En revanche, les conditions actuelles ne permettent pas encore le retour des habitants de Küchelscheid et Leykaul, deux hameaux peu peuplés proches de la frontière allemande. "Cette mesure est maintenue afin de garantir leur sécurité", ont affirmé les autorités belges.
Monika Schieren, une Allemande âgée de 63 ans, était en vacances dans les Hautes Fagnes lorsque l'ordre d'évacuation est arrivé samedi. "Nous avons dû quitter la maison immédiatement, et nous n'avons rien pu emporter avec nous", a-t-elle raconté à l'AFP mardi, de retour sur son lieu de vacances pour récupérer ses affaires.
Il y a cinq ans, elle avait dû abandonner sa maison en Allemagne en raison de crues. "Nous avons déjà traversé une inondation une fois, et maintenant nos vacances sont fichues", a-t-elle déploré.
La Belgique, comme une grande partie de l'Europe, a souffert l'été durant d'épisodes de fortes chaleurs et de la sécheresse. Le mercure est monté jusqu'à 37°C dans certaines parties du pays en fin de semaine dernière.
Autant de conditions propices au départ de ce grand incendie.
G.Guillet--JdCdC