Influenceuse tuée dans le Gard : le suspect est un homme au lourd profil judiciaire
Un homme de 32 ans, déjà connu de la justice, a été mis en examen dans le Gard pour l'assassinat d'une tiktokeuse âgée de 29 ans dont la famille avait dénoncé une vague de harcèlement en ligne après l'annonce de sa disparition.
Le mis en cause, "au passé judiciaire chargé", a déjà été condamné pour des violences conjugales et des faits de trafic de stupéfiants, a indiqué vendredi la procureure de Nîmes, Cécile Gensac.
Interpellé mercredi, il a été mis en examen à l'issue de sa garde à vue.
Le 12 août, le corps "partiellement carbonisé" d'une femme avait été retrouvé dans des vignes à Saint-Gilles, petit village à une vingtaine de kilomètres de Nîmes.
La victime a été identifiée comme étant Sonia Bellina, une "influenceuse" diffusant sur TikTok des vidéos où elle se met en scène dans des chorégraphies et des playbacks, suivie par plus de 250.000 personnes.
Le suspect, domicilié dans le Gard, n'a pas reconnu avoir tué la jeune femme, selon le parquet.
Il a admis "avoir eu une relation la nuit des faits et la veille avec la victime" mais il a "refusé de fournir plus d'explications (...), s'en remettant à son droit au silence", précise le communiqué.
"Divers éléments peuvent laisser suspecter qu'il était son dernier contact, dans le cadre d'une rencontre en qualité d'escort-girl sur rendez-vous la nuit des faits", selon la même source. "Rien n'établissait de relation autre que tarifée entre eux."
Le suspect avait été condamné en décembre 2023 par le tribunal de Lille pour des violences conjugales et portait un bracelet anti-rapprochement pour "préserver son ex-compagne domiciliée à 800 kilomètres", précise encore le parquet de Nîmes.
Il était suivi par le service pénitentiaire d'insertion et de probation.
- "Harcèlement" -
Avant même l'identification formelle grâce à des analyses ADN, le nom de Sonia Bellina a circulé dans les médias et sur les réseaux sociaux, sa famille s'inquiétant de sa disparition et faisant le rapprochement avec le corps calciné.
Le quotidien Midi Libre avait interrogé une femme présentée comme sa grande soeur.
"Elle est tombée sur un mauvais gars au mauvais moment", affirmait-elle dans une vidéo où son visage n'apparaît pas.
Elle dénonçait aussi un "harcèlement" en ligne, alors que l'identification de la victime a donné lieu à une avalanche de réactions injurieuses et misogynes, certains internautes commentant les vidéos TikTok et le physique de la jeune femme.
"Ca ajoute du malheur au malheur", a renchéri l'avocat de la famille, Mourad Battikh, fustigeant une "cruauté sans nom" et chez des internautes le "sentiment d'être protégés sur les réseaux."
"Évidement, nous poursuivrons chaque personne qui se rend coupable d’une infraction", mettait-il en garde.
Selon la justice, la haine en ligne atteint un niveau jamais vu en France, portée par un effet de meute et une parole de plus en plus libérée.
"Avec l'anonymat qu'offrent les réseaux, les barrières morales sautent", déplorait en février la cheffe du Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH), Anissa Zeghlache.
"On observe vraiment une logique de défouloir, de lâchage. Tout est prétexte désormais à l'invective raciste, antisémite, sexiste, homophobe."
Selon les associations féministes, 167 féminicides ont été commis en France en 2025. Les chiffres officiels font état de 107 féminicides conjugaux en 2024, un chiffre en hausse sur un an.
B.Baron--JdCdC