Journal du Club des Cordeliers - Presque un mois après l'arrivée massive de migrants, des appels au calme à Ceuta, sous pression

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Presque un mois après l'arrivée massive de migrants, des appels au calme à Ceuta, sous pression
Presque un mois après l'arrivée massive de migrants, des appels au calme à Ceuta, sous pression / Photo: Antonio Sempere - AFP

Presque un mois après l'arrivée massive de migrants, des appels au calme à Ceuta, sous pression

Le gouvernement espagnol et les autorités locales de Ceuta ont appelé jeudi au calme face aux tensions croissantes dans l'enclave espagnole, après plusieurs incidents survenus près d'un mois après l'entrée massive de migrants depuis le Maroc.

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La pression reste vive depuis l'arrivée, les 30 et 31 juillet, de plus de 70.000 migrants dans ce petit territoire espagnol du nord de l'Afrique, avec des manifestations fréquentes de Ceutiens dénonçant des problèmes de sécurité et d'hygiène et accusant le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez de les abandonner à leur sort.

Même si quelques heures à peine après ce brusque afflux, la plupart des migrants sont retournés au Maroc, plusieurs milliers sont restés dans la ville - entre 3.500 et 7.000 selon le gouvernement et au moins 10.000 selon les autorités de Ceuta, qui compte environ 80.000 habitants en temps normal

Depuis, ces migrants peinent à accéder à de la nourriture, de l'eau, un abri ou des installations sanitaires, dormant dans des refuges improvisés, sur les plages et errant dans les rues.

Une manifestation rassemblant des milliers de Ceutiens mercredi soir s'est achevée par des troubles lorsque la police a lancé des gaz lacrymogènes pour empêcher qu'ils ne s'en prennent aux migrants campant sur une plage, selon la presse espagnole.

- "Pas de réponse" -

Et à l'aube jeudi, un véhicule militaire avec à son bord quatre soldats "est tombé dans une embuscade" tendue par quelque 70 migrants, qui leur ont jeté des pierres et d'autres objets, obligeant les militaires à fuir et à demander l'aide de la police, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la police nationale.

Douze Marocains ont été interpellés après ces incidents, durant lesquels un militaire a été légèrement blessé.

"La tension dans la ville de Ceuta est très élevée" parce qu'il "n'y a pas de réponse" de la part du gouvernement et que "nous nous sentons abandonnés", a déclaré jeudi à la radio Cadena Ser Kissy Chandiramani, conseillère aux Finances de la ville autonome, dirigée par le Parti populaire (droite).

Chandiramani a lancé un appel "à la non-violence", rappelant qu'on pouvait "descendre dans la rue" pour manifester, mais "toujours dans un climat de sérénité, car cette forte crispation ne nous mène nulle part".

S'exprimant au Congrès à Madrid, le ministre de la Justice Félix Bolaños a pour sa part adressé un "message de calme, de confiance dans l'Etat (...) aux citoyens de Ceuta".

"Nous travaillons sans relâche afin de rétablir la normalité dans la ville autonome", a-t-il déclaré.

Face aux critiques d'une partie de la population de Ceuta et de ses autorités, mais aussi de l'opposition de droite et d'extrême droite, le gouvernement de Pedro Sánchez a pris ces derniers jours des mesures afin d'accélérer le renvoi des migrants vers le Maroc.

Pour accélérer la procédure, il a instauré un "commandement unique" pour Ceuta, confié au ministre de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres, qui a appelé les habitants de Ceuta à "la compréhension", en leur rappelant que les autorités devaient identifier chaque migrant pour déterminer s'il a droit à l'asile ou s'il peut être renvoyé.

- "Crise de l'ordre public" -

Le ministère de l'Intérieur a annoncé ce jeudi l'envoi de personnel supplémentaire pour identifier les migrants.

Les milliers de mineurs non accompagnés présents dans la ville doivent quant à eux bénéficier d'une protection particulière et le gouvernement a approuvé ce jeudi le transfert de 25 millions d'euros supplémentaires pour les accueillir.

"Les renvois de garçons et de filles (...) doivent se faire dans le respect de la garantie des droits humains (...) et conformément à une procédure juridique très exigeante", a rappelé la ministre de la Jeunesse et de l'Enfance, Sira Rego.

La situation à Ceuta est au cœur du débat politique entre le gouvernement de gauche et ses opposants, à quelques mois des prochaines législatives, attendues au printemps prochain.

"Les Ceutiens supportent seuls depuis un mois ce qui ne leur incombe pas. Rien n'a été fait pour empêcher l'invasion (...) et rien n'est fait pour enrayer la crise de l'ordre public qui s'aggrave chaque jour", a encore fustigé jeudi sur X Alberto Núñez Feijóo, le leader du Parti populaire.

L.Legrand--JdCdC