Les secours toujours à la recherche de survivants de la crue au Népal et en Chine
Les secours ont continué à creuser la boue et les débris dimanche pour la 12e journée consécutive dans l'espoir de retrouver d'autres survivants de la crue meurtrière du 26 août dans l'Himalaya, remotivés par une poignée de sauvetages miraculeux.
Au Népal, trois personnes - deux ouvriers népalais et un citoyen chinois - ont été extraites saines et sauves vendredi et samedi de tunnels ensevelis sur des sites hydroélectriques, ainsi qu'une sexagénaire extirpée de sa maison détruite.
"Les opérations se poursuivent dans les tunnels, en dépit des difficultés liées à la géographie, aux mauvaises conditions météo et à l'absence de communications", a déclaré dimanche à l'AFP le ministre népalais de l'Energie, Biraj Bhakta Shrestha.
"Nous sommes confrontés à de nombreux défis. En deux endroits, il n'est pas possible de faire atterrir un gros hélicoptère pour déposer le matériel nécessaire", a ajouté M. Shrestha. "Mais nous explorons plusieurs scénarios pour faire avancer l'opération, nous progressons".
Parmi les personnes encore portées manquantes figurent des centaines de touristes et de pèlerins étrangers.
Au Népal, les autorités étaient toujours sans nouvelles d'environ 900 agents ou ouvriers présents dans des centrales électriques ou des chantiers de barrages lors du désastre.
- "Espoir" -
Un des ouvriers sauvés a rapporté qu'il était accompagné de 40 à 50 personnes lorsqu'il a rejoint le tunnel où il est resté prisonnier neuf jours. Les autorités ont estimé qu'une centaine de personnes pourraient toujours s'y trouver.
Le Premier ministre Balendra Shah a estimé samedi que les sauvetages miraculeux des deux derniers jours avaient "redonné espoir à toute la nation".
Côté chinois, la télévision publique CCTV a diffusé dimanche des images de pelleteuses rouges et jaunes en train de déblayer une mer de gravats au poste-frontière dévasté de Gyirong, désormais réduit à une étendue lunaire grisâtre.
Selon la chaîne, plus de 2.300 secouristes et 8.800 engins sont mobilisés, concentrés sur les anciens bâtiments, les dortoirs et le parking où pourraient se trouver des victimes.
Créée par l'effondrement d'un glacier et d'un pan d'une montagne, l'immense vague d'eau glacée, de roches et de débris qui a déferlé le 26 août a tout balayé sur son passage, détruisant routes, ponts, habitations et infrastructures.
Vendredi, les agences des Nations unies ont lancé un appel d'urgence pour collecter près de 50 millions de dollars pour subvenir aux besoins essentiels de 84.000 victimes, privées de tout. "Le temps joue contre eux", a insisté l'ONU.
"J'ai perdu ma maison et mes terres", a témoigné dimanche auprès de l'AFP Bhagawati Khatiwada, 50 ans.
- "Ou aller ? Que faire ?"-
Commerçant dans la localité dévastée de Devighat, il a trouvé refuge avec sa famille dans un centre d'urgence du district de Nuwakot. "Il nous faut un hébergement permanent, le gouvernement doit nous aider".
Dans les camps de fortune mis en place par les autorités, les conditions restent très précaires.
"Nous sommes nombreux, nous devons partager les mêmes toilettes, vivre dans ce grand hall, mais nous avons assez à manger", a constaté une autre déplacée, Suchitra Joshi, 36 ans. "La vie était si simple il y a dix jours (...) maintenant nous ne savons plus où aller ni que faire".
Evoquant un "tsunami himalayen", le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a évalué le coût de la reconstruction à "plusieurs milliards de dollars".
"Nous nous efforçons de rétablir l'électricité", a également indiqué dimanche à l'AFP le ministre de l'Energie, "nous espérons qu'elle sera rétablie d'ici quelques jours dans tous les districts sinistrés".
Les autorités népalaises peinent également à identifier les nombreuses victimes de la catastrophe. Dimanche, une centaine seulement l'avaient été formellement et leurs corps rendus à leurs familles, selon les autorités.
Le Népal doit observer lundi un jour de deuil national.
Côté chinois, les médias officiels, seuls autorisés à se rendre librement au Tibet, n'ont pas diffusé d'images des sinistrés et des familles de disparus.
L.Laurent--JdCdC