Le vaste projet de rénovation de la tour Montparnasse tombe à l'eau
Les copropriétaires de la tour Montparnasse ont rejeté mercredi, après d'âpres querelles, le lancement de la première phase de travaux du plus haut gratte-ciel de Paris, faisant tomber comme un château de cartes toute la suite de l'ambitieux projet de rénovation.
La résolution prévoyant "d'initier les travaux de rénovation par la signature d'un marché de désamiantage, curage, dépose partielle de façade" a été rejetée à plus de 76% par les copropriétaires de la tour Montparnasse, a indiqué l'un d'eux à l'AFP.
Or, cette assemblée générale était la dernière chance pour pouvoir lancer les travaux avant que le permis de construire accordé pour la rénovation de la tour de bureaux n'expire fin novembre.
Sur la table depuis 2015, la vaste rénovation prévoyait une métamorphose en tour vitrée avec terrasses arborées, accueillant hôtel, commerces et services, ainsi qu'une serre agricole sur son toit, pour un coût global de 800 millions d'euros.
Le principal copropriétaire du gratte-ciel inauguré en 1973, LFPI (La Financière patrimoniale d'investissement) avait fait part en juillet de son opposition au projet, qu'il soutenait jusqu'alors, à cause de l'explosion du coût estimé et de tensions internes autour d'échanges de surfaces.
L'été n'a pas suffi pour résoudre ce conflit interne et LFPI a été rejoint par d'autres poids lourds de la copropriété, dont MGEN et Axa, dans son opposition au projet de rénovation.
"Les conditions n'étaient pas réunies pour mettre en œuvre le permis tel que prévu", car "le projet ne pouvait pas aboutir" à cause de conflits interne, explique à l'AFP un porte-parole de MGEN.
Un nouveau conseil syndical a aussi été formé, avec pour ambition de retravailler sur un projet de rénovation et de déposer un nouveau permis de construire, indique un copropriétaire qui vient d'entrer au conseil syndical.
Il est aussi prévu de faire voter lors d'une prochaine assemblée générale le lancement des travaux de curage et désamiantage, "pour ne pas laisser cette tour vide", indique ce copropriétaire.
Pour la MGEN, il faut un "un projet plus rapide, qu'on est capable de faire, et non un projet qui soit un champs de bataille ouvert".
La rénovation se dirigerait donc vers des travaux bien moins ambitieux, de changement de façade, de mise en conformité, de désamiantage, et écarterait en revanche l'ajout d'une serre agricole sur le toit et d'un hôtel.
- "Aux oubliettes" -
En l'état actuel, le projet est "aux oubliettes", avec un impact aussi sur la rénovation du centre commercial au pied de la tour, déplore Frédéric Lemos, ex-président du conseil syndical du bâtiment et copropriétaire, qui est partie prenante dans le conflit interne.
Il assure, dans un communiqué cosigné avec l'entrepreneur Xavier Niel et deux autres copropriétaires, ne pas "se résigner à enterrer la tour Montparnasse".
"Nous souhaitons que l'ensemble des copropriétaires, les partenaires financiers et les pouvoirs publics puissent rapidement se retrouver pour examiner toutes les solutions permettant de transformer la Tour Montparnasse", ajoutent les quatre copropriétaires.
"Il faut que chacun revienne à la raison, je ne peux pas accepter qu'on jette à la rivière un projet travaillé pendant dix ans et qu'on laisse à l'abandon ce coeur de ville mondialement connu", a réagi auprès de l'AFP Philippe Goujon, le maire LR du XVe arrondissement.
L'élu s'inquiète aussi des répercussions sur le projet de rénovation du centre commercial au pied de la tour, mené par l'architecte Renzo Piano.
G.Guillet--JdCdC