Enfant mort étranglé à Rennes: deux adolescents placés en garde à vue pour meurtre
Deux adolescents, un garçon de 16 ans et une fille de 15 ans, ont été placés lundi en garde à vue pour "meurtre sur mineur" au lendemain de la découverte à Rennes du corps d'un garçon de 11 ans, une serviette de bain mouillée "nouée très serrée autour de son cou".
Le jeune homme a été interpellé lundi matin "à son domicile" tandis que l'adolescente s’est présentée "spontanément au commissariat de Rennes", a indiqué le procureur de Rennes Frédéric Teillet dans un communiqué.
"Ce sont ainsi les deux jeunes gens qui avaient été vus en compagnie de la victime sur les lieux des faits l’après-midi du drame, qui sont en garde à vue", a ajouté le magistrat, précisant que l'âge de la victime était de 11 ans, et non de 12 comme annoncé dans un premier temps.
Le corps de l'enfant a été retrouvé dimanche vers 17H00 dans un endroit boisé sur une rive de la Vilaine, non loin du centre-ville.
Selon une source policière, l'alerte a été donnée après qu'un pêcheur a entendu les cris d'un enfant non localisé, puis a appelé la police.
Des pompiers plongeurs en combinaison étanche ont inspecté la rivière à la recherche d'indices, sous le regard de policiers, a constaté un journaliste de l'AFP.
A quelques mètres de là, rue Dupont des loges, de rares passants commentent le fait divers qui secoue la capitale bretonne.
"C'est le désarroi le plus complet, un enfant d'une dizaine d'années... c'est à peine croyable", se désole Stéphane, 57 ans, parti acheter le quotidien régional Ouest-France pour en savoir plus sur le drame.
- Hypothèses -
A proximité immédiate du lieu de découverte du corps, un habitant repeint les grilles de sa maison. Le quartier, plutôt cossu, est appelé par les Rennais "la petite Californie", explique Amaury, artisan âgé de 49 ans, qui préfère ne pas donner son nom de famille.
"Il y a un campement de marginaux juste à côté, quand on a entendu les pompiers et les policiers hier on s'est dit que l'un d'eux était tombé dans la Vilaine", dit-il.
"Puis on a appris ce qu'il s'est passé et des policiers sont venus nous interroger. Est-ce que c'est un jeu d'ados débiles qui a mal tourné ou un tordu qui l'a agressé ?", s'interroge-t-il, résumant les deux hypothèses fréquemment entendues par des riverains interrogés par l'AFP.
En attendant d'avoir des réponses sur les circonstances exactes du drame, son épouse a demandé à l'un de ses enfants de ne plus partir pêcher dans les environs.
De l'autre côté de la rive, de nombreux journalistes interrogeaient de rares promeneurs et filmaient les plongeurs.
"Un quartier tranquille ? Bof... Il y a ceux qui dorment dehors et il y a un centre de désintoxication pas loin, non ce n'est pas +secure+", relève Daniel Enocq, 63 ans, concierge, qui lui-même lance souvent sa canne à pêche pour trouver un gardon ou une perche à l'endroit même où le corps a été retrouvé.
Il rappelle également qu'une septuagénaire a été tuée à son domicile en mars 2025 dans un immeuble situé juste à côté. Un quadragénaire a été mis en examen pour viol et meurtre dans cette affaire.
"C'est un drame. Ma petite idée, c'est que c'est une histoire de gamins entre eux", estime-t-il au sujet de la mort du garçon de onze ans.
Une femme de 29 ans, qui a requis l'anonymat, a été "complètement surprise" quand elle a appris la nouvelle.
"Je suis mère de deux enfants de six et trois ans, on se dit que ça pourrait être les nôtres", dit-elle, en poussant sa fille dans une poussette.
H.Henry--JdCdC