Wall Street en baisse, la pression sur les semi-conducteurs ne faiblit pas
La Bourse de New York a ouvert en retrait vendredi, les pertes du côté des semi-conducteurs entraînant les indices dans le rouge compte tenu du poids du secteur technologique sur le marché dans son ensemble.
Vers 14H15 GMT, l'indice Nasdaq - qui rassemble les géants technologiques - reculait de 1,21% et l'indice élargi S&P 500 perdait 0,52%. Seul le Dow Jones grappillait 0,04%.
Pour Sam Stovall, analyste de CFRA interrogé par l'AFP, le recul de la tech n'a rien d'étonnant.
Le secteur s'affiche nettement au-delà de sa moyenne mobile sur 200 jours, un indicateur technique très suivi à Wall Street. "On devrait donc assister à un certain fléchissement à court terme" le temps de prises de bénéfices qui permettront de se rapprocher de cette moyenne, anticipe le spécialiste.
Ayant prévu des investissements faramineux dans les semi-conducteurs, Meta cédait 4,47% vers 14H15 GMT, Microsoft reculait de 2,31%.
Le spécialiste des puces AMD lâchait 1,98% tandis que son concurrent Texas Instrument perdait 2,21%.
Avec cette nouvelle vague de ventes, Nvidia a perdu vendredi sa place de première capitalisation mondiale au profit d'Apple, une première depuis 2025.
En parallèle, le lancement d'un nouveau modèle d'intelligence artificielle de l'entreprise chinoise Moonshot AI est venu ajouter quelques inquiétudes au marché, selon Patrick O'Hare, de Briefing.com.
"Il pourrait constituer une alternative moins coûteuse" aux modèles des géants Anthropic et OpenAI, assure l'analyste.
"Cela pourrait alors se traduire par une réduction des dépenses d’investissement dans le développement de l'IA (...) cette perspective a naturellement porté un coup dur aux valeurs du secteur des semi-conducteurs et à d'autres titres en forte progression qui profitaient de la dynamique de l'IA", ajoute M. O'Hare.
L'épisode n'est pas sans rappeler la présentation début 2025 du modèle d'IA V4 de la start-up chinoise DeepSeek, qui avait stupéfié le monde en étant capable de rivaliser avec la puissance de ses concurrents américains.
Wall Street avait alors tangué, effaçant des centaines de milliards de capitalisation boursière.
Dans les prochaines semaines, le marché sera aussi confronté aux résultats trimestriels des géants technologiques.
"La barre (des attentes, ndlr) est placée trop haut, donc la seule direction possible est à la baisse", juge Sam Stovall.
Vendredi, c'est Netflix qui était sanctionné par le marché, le titre lâchant 8,93% à 67,71 dollars.
La croissance du géant du divertissement a ralenti au deuxième trimestre et s'affiche même au plus bas depuis près de trois ans. Le groupe a aussi publié des prévisions inférieures aux attentes, ce qui explique la crispation des investisseurs.
Les programmes en direct, en particulier sportifs, figurent parmi les axes de relance envisagés par Netflix, tout comme les podcasts et jeux vidéos.
Le géant de l'aérospatial SpaceX reculait lui de 3,90% à 126 dollars après l'annulation à la dernière minute d'un vol d'essai de sa gigantesque fusée Starship. Il devait s'agir du premier test du genre depuis l'entrée record en Bourse du titre mi-juin.
Sur le marché obligataire, le taux d'emprunt de l'Etat américain à échéance dix ans se détendait à 4,52%, contre 4,55% à la clôture la veille.
Les cours du pétrole sont pourtant en nette hausse, d'environ 3% face à l'intensification des frappes au Moyen-Orient, entre l'Iran et les Etats-Unis.
S.Simon--JdCdC