Tokyo: le quartier de Shinjuku va interdire plus de la moitié des locations de courte durée
L'arrondissement tokyoïte de Shinjuku, haut lieu touristique de la capitale japonaise, va interdire plus de la moitié de ses locations de courte durée, proposées sur Airbnb et d'autres plateformes, a indiqué lundi un responsable sur fond de nombreuses plaintes des résidents.
Le quartier, l'un des grands centres urbains de Tokyo, connu notamment pour son quartier nocturne de Kabukicho, accueille près de 10% des 42.000 locations de courte durée recensées au Japon.
Mais des habitants sont excédés par l'afflux de touristes, dont certains ne respectent pas les règles de tri des déchets, fument dans des zones interdites ou provoquent des nuisances sonores.
Un responsable de Shinjuku chargé de la supervision des locations touristiques a déclaré à l'AFP que l'arrondissement "prévoyait de réviser l'ordonnance actuelle... afin d'interdire les hébergements privés" dans les zones résidentielles et à proximité des écoles.
"Avec l'augmentation du nombre d'établissements de location privée, les plaintes et les problèmes qui leur sont liés se sont multipliés", a indiqué ce responsable qui n'a pas souhaité donner son nom.
Plus de 50% des locations de courte durée à Shinjuku sont potentiellement concernées par cette interdiction en vertu des nouvelles règles, a-t-il précisé, ajoutant que le projet serait officiellement annoncé mardi par le maire de Shinjuku.
D'autres villes dans le monde cherchent à durcir leur réglementation contre les hébergements proposés sur Airbnb et d'autres plateformes, notamment New York et Barcelone.
La problématique du surtourisme est aussi devenue un enjeu majeur au Japon.
Des habitants de Kyoto et d'autres destinations très fréquentées ont exprimé leur exaspération face aux foules prenant des selfies mais aussi aux embouteillages et à l'envolée du prix des terrains.
À Shinjuku, le nombre de plaintes concernant les locations de courte durée a augmenté d'environ 40% au cours de l'exercice clos en mars, a indiqué le responsable.
"De nombreuses plaintes concernent le non-respect des règles sur les déchets, tandis que d'autres portent sur le tabagisme et les intrusions dans des propriétés privées", a-t-il expliqué.
L'Agence japonaise du tourisme a accordé en juillet aux collectivités locales le droit de réglementer les hébergements de courte durée lorsqu'un "environnement de vie et d'éducation paisible" est menacé ou lorsqu'ils "entravent le maintien d'une population permanente et de la communauté locale".
Kyoto envisage également d'interdire les hébergements de courte durée mais uniquement pour les nouvelles locations situées dans des zones résidentielles et industrielles.
Plusieurs hôtes Airbnb contactés par l'AFP ont refusé de s'exprimer sur le sujet.
F.Francois--JdCdC