Octobre 2026 : Le marché de l'occasion en baisse mais les voitures électriques bondissent
Le marché français du véhicule d'occasion a enregistré un repli de 7,2 % en octobre 2026, totalisant 452 492 immatriculations. Dans ce contexte de ralentissement global, les voitures 100 % électriques ont connu une croissance exceptionnelle de 43,5 %, consolidant leur part de marché à plus de 6 %. Cette dynamique contraste avec la résistance des véhicules thermiques anciens et la baisse des prix moyens.
En octobre 2026, le marché français du véhicule d'occasion a marqué le pas, enregistrant une contraction de 7,2 % par rapport au mois précédent de l'année précédente. Selon les données consolidées par NGC Data au 31 octobre, 452 492 véhicules ont changé de mains durant cette période. Ce repli s'explique en partie par un calendrier atypique : le mois d'octobre 2026 comportait un jour ouvrable de moins qu'en octobre 2025. À nombre de jours comparables, la baisse se limite à 3,0 %. Sur les dix premiers mois de l'année, le cumul des immatriculations s'établit à 4 351 379 unités, en retrait de 4,4 % par rapport à la même période de 2025, et de 4,9 % après ajustement calendaire. Comparé aux niveaux d'avant-crise de 2019, le marché de la seconde main reste sous tension, affichant un recul de 16,1 % sur le mois d'octobre et de 11,4 % depuis le début de l'année.
Face à ce ralentissement du parc existant, le marché du neuf suit une trajectoire opposée. En octobre, 149 341 véhicules neufs ont été immatriculés, soit une progression de 7,0 % sur un an, portée à 11,9 % à jours ouvrables comparables. Depuis janvier, le segment du neuf progresse de 4,4 % pour atteindre 1 384 354 unités. Toutefois, il demeure encore 21,0 % en dessous de son niveau de 2019 et 24,4 % sous les niveaux des dix premiers mois de l'année précédente. Le rapport entre le volume du véhicule d'occasion (VO) et celui du véhicule neuf (VN) s'établit à 3,03 en octobre et à 3,14 sur l'ensemble de l'année, illustrant la prédominance persistante de la seconde main dans les habitudes d'achat des Français.
Au sein de ce marché global en repli, la répartition des motorisations évolue rapidement, marquant un tournant décisif pour les énergies alternatives. Le diesel conserve sa position de première motorisation sur le segment de l'occasion, avec 174 376 immatriculations, bien que son poids s'érode significativement. Son recul annuel atteint 16,9 %, et sa part de marché passe de 43,03 % à 38,54 %. L'essence suit de très près, avec 172 730 transactions en baisse de 8,8 %, occupant désormais 38,17 % du marché contre 38,84 % un an plus tôt. Si ces deux énergies traditionnelles dominent encore le volume total, leur influence relative diminue au profit des motorisations électrifiées.
Le mouvement le plus marquant concerne les véhicules 100 % électriques d'occasion. Avec 28 186 immatriculations en octobre, ce segment affiche une envolée de 43,5 % sur un an. Sa part de marché grimpe à 6,23 %, contre 4,03 % en octobre 2025. Les hybrides non rechargeables connaissent également une croissance robuste, progressant de 15,3 % pour atteindre 54 801 unités et 12,11 % de part de marché. Les hybrides rechargeables, bien que plus modestes, gagnent 2,2 % à 15 249 unités (3,37 % du marché). Au total, les motorisations électrifiées cumulent 98 236 immatriculations en octobre, soit une hausse de 19,6 %, représentant désormais plus d'une transaction sur cinq (21,71 % du marché).
L'âge des véhicules structure profondément cette transition énergétique. Dans la catégorie des véhicules d'un an ou moins, les immatriculations reculent de 10,5 % à 46 682 unités. Pourtant, la part des hybrides non rechargeables y atteint déjà 51,1 %, tandis que les voitures 100 % électriques représentent 17,3 %. Pour les véhicules âgés de 2 à 5 ans, totalisant 105 692 immatriculations en baisse de 6,3 %, les évolutions divergent fortement : les hybrides non rechargeables progressent de 20,4 % et les électriques de 42,2 %, alors que le diesel chute de 43,9 % et l'essence de 17,9 %.
À mesure que les véhicules vieillissent, la domination du thermique persiste. Les voitures de 6 à 10 ans reculent de 11,9 % à 84 912 unités, avec une part de marché passant de 19,76 % à 18,77 %, le diesel et l'essence y représentant toujours 90,4 % des transactions. Dans la tranche 11-15 ans, les immatriculations chutent de 10,8 % à 82 427 unités ; le diesel y conserve 62,6 % des transactions. Enfin, le segment des véhicules de 16 ans et plus résiste le mieux, avec une baisse limitée à 0,8 % (132 779 immatriculations). Ce segment représente près de trois transactions sur dix (29,34 % du marché), mais reste quasi exclusivement thermique, le diesel et l'essence cumulant 98,8 % des immatriculations.
Sur le plan financier, le prix moyen des annonces de voitures d'occasion sur AutoScout24.fr s'établit à 29 335 € en octobre. Après une légère remontée en septembre, il recule de 0,1 %. Il demeure inférieur de 6,2 % à son niveau d'octobre 2025, tout en restant supérieur de 9,9 % à celui d'octobre 2024 et de 27,2 % à celui d'octobre 2019.
Vincent Hancart, Directeur Général d’AutoScout24 France, souligne que le marché de l'occasion reste sous pression avec ce recul de 7,2 %. Il note que les véhicules de 16 ans et plus résistent le mieux, rappelant que l'accessibilité financière demeure un enjeu central du renouvellement automobile. Dans ce contexte en retrait, les motorisations électrifiées poursuivent leur progression, représentant désormais plus d'une transaction sur cinq. Cette évolution touche également les occasions de 2 à 5 ans, parmi lesquelles les immatriculations électriques augmentent de plus de 42 %. Vincent Hancart ajoute que la baisse du prix moyen affiché permettra aux consommateurs d'avoir plus de choix, tandis que la progression du neuf donnera une perspective de renouvellement de l'offre d'occasion dans les prochaines années. Il insiste sur le rôle des professionnels pour accompagner cette évolution en aidant chacun à trouver un véhicule adapté à son budget et à ses usages.
L.Leroux--JdCdC