Journal du Club des Cordeliers - Après les tempêtes d'hiver, les forêts du Portugal encore plus menacées par les incendies

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Après les tempêtes d'hiver, les forêts du Portugal encore plus menacées par les incendies
Après les tempêtes d'hiver, les forêts du Portugal encore plus menacées par les incendies / Photo: PATRICIA DE MELO MOREIRA - AFP

Après les tempêtes d'hiver, les forêts du Portugal encore plus menacées par les incendies

Dans une forêt de pins et d'eucalyptus du centre du Portugal, tronçonneuses et pelleteuses vrombissent sans relâche pour déblayer les chemins obstrués d'arbres arrachés par les tempêtes de l'hiver dernier, avant l'arrivée d'une saison des feux à haut risque.

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Une équipe de sapeurs forestiers, agents de protection civile et militaires s'empresse de repousser les troncs qui jonchent les bas-côtés des pistes forestières, voies d'accès indispensables en cas d'incendie.

"Cette zone est une véritable poudrière", s'inquiète auprès de l'AFP Paulo Vicente, le maire de Marinha Grande, commune du littoral où se trouve cette "forêt nationale de Leiria", plantée au XIIIe siècle pour fournir le bois qui a permis de construire les caravelles des Grandes Découvertes.

La région a été dévastée fin janvier par les vents violents de la tempête Kristin. Avec 140 millions d'euros de dégâts recensés par cette municipalité, trois mois plus tard, on y trouve encore des maisons aux toits endommagés et des usines aux structures métalliques déformées par la force du vent.

Dans la forêt, la tempête a laissé dans son sillage d'importantes quantités de bois mort, dans un enchevêtrement de branches et de racines.

"Avec un combustible sec aussi abondant et continu, un feu peut rapidement prendre de grandes proportions", explique, tablette à la main, Vasco Fernandes, fonctionnaire municipal chargé de contrôler l'avancée des travaux à bord de son 4x4 blanc flanqué du logo de la protection civile.

- "Plus rassuré" -

Une fois les chemins dégagés, les propriétaires forestiers sont appelés à poursuivre le débroussaillage de leurs parcelles.

"Notre engagement est clair : défendre le territoire et, surtout, protéger les personnes" qui vivent à proximité, insiste le maire de Marinha Grande.

A la lisière de la forêt, certains habitants observent les travaux avec soulagement.

"Bien sûr que j'ai peur (...) mais s'ils nettoient tout ça, je serai déjà plus rassuré", confie Manuel Calhanas, un retraité de 79 ans qui vit dans une maison entourée d'un verger.

La municipalité, qui prévoit de déblayer près de 178 km de pistes forestières, est encore meurtrie par les grands incendies d'octobre 2017, qui ont ravagé une grande partie de cette forêt.

A l'échelle nationale, ce sont 12.000 kilomètres de chemins et de routes forestières à nettoyer cette année, sur un total de 56.000, selon des données de la protection civile.

Entre le 22 janvier et le 15 février, le Portugal a été touché par sept tempêtes successives, dont Kristin, accompagnées de vents violents ou de précipitations intenses qui ont provoqué au moins sept morts et des dégâts estimés à 5,3 milliards d'euros.

- "Redoubler d'efforts" -

Le Premier ministre Luis Montenegro a lui-même appelé à "redoubler d'efforts" dans les opérations de nettoyage des forêts, tandis que le ministre de l'Intérieur, Luis Neves, a réaffirmé la semaine dernière que l'été prochain pourrait être "très dur" sur le front des feux de forêt.

Dans ce contexte, le gouvernement a mis en place "le plus important dispositif de la dernière décennie" pour lutter contre les feux de forêt.

Entre le 1er juillet et le 30 septembre, plus de 15.000 effectifs et 80 avions ou hélicoptères seront mobilisés, pour un budget avoisinant les 50 millions d'euros.

Alors que la péninsule ibérique est particulièrement exposée aux effets du changement climatique, responsable des vagues de chaleur plus fréquentes et de sécheresses prolongées, le Portugal a connu l'an dernier l'été le plus chaud depuis 1931.

A la suite des incendies meurtriers de 2017, qui ont fait plus d'une centaine de morts, le Portugal a multiplié par dix l'investissement dans la prévention et doublé son budget de lutte contre les feux de forêt.

Mais après plusieurs années de bons résultats, qui ont permis de réduire la surface brûlée moyenne d'environ un tiers, le pays a connu en 2025 son pire bilan de la décennie, avec 270.000 hectares de végétation partis en fumée.

G.Girard--JdCdC