Vincent Bolloré convoqué par la commission d'enquête sur l'audiovisuel public
Le milliardaire Vincent Bolloré va être convoqué fin février par la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public et sera interrogé sur le maintien de Jean-Marc Morandini à l'antenne de CNews, chaîne privée qui est dans son giron, a annoncé le président de cette commission mercredi.
"Je vais convoquer Vincent Bolloré", a déclaré le député (Horizons) Jérémie Patrier-Leitus sur la chaîne publique franceinfo. Cette audition est, selon lui, prévue au cours des deux dernières semaines de février.
"Je ne convoque pas Vincent Bolloré parce qu'il est propriétaire de médias d'audiovisuel privé", mais "parce qu'il est un des actionnaires majoritaires de Banijay", importante société de production qui fournit des émissions au service public comme au privé, a pris soin de souligner M. Patrier-Leitus.
Relancé sur le cas Morandini, condamné définitivement pour corruption de mineurs mais maintenu malgré cela à l'antenne de CNews, le député a répondu: "Ça sera l'occasion pour Vincent Bolloré de s'en expliquer. Je l'interrogerai là-dessus".
"Je suis exigeant avec l'audiovisuel public et, s'il y a des manquements, des dysfonctionnements, dans l'audiovisuel public, je le dis, mais je le dis aussi sur l'audiovisuel privé", a-t-il argumenté, en jugeant le maintien de M. Morandini à l'antenne "pas normal".
"Que diraient les membres de cette commission d'enquête si un présentateur de l'audiovisuel public était condamné définitivement pour corruption de mineurs et maintenu à l'antenne par les dirigeants de France Télévisions ou Radio France ? Moi je n'ai pas d'indignation à géométrie variable", a conclu M. Patrier-Leitus.
CNews appartient au groupe Canal+, dont M. Bolloré est l'actionnaire de référence. Le maintien de M. Morandini à l'antenne malgré sa condamnation a suscité de vifs débats au sein de la chaîne.
Trois de ses figures, Sonia Mabrouk, Pascal Praud et Laurence Ferrari, ont pris leurs distances avec ce maintien.
Dimanche, Philippe de Villiers, qui anime une émission sur CNews, et le Journal du Dimanche, autre média de la galaxie Bolloré, ont à leur tour marqué leur désapprobation quant au maintien à l'antenne de M. Morandini.
Le 14 janvier, la Cour de cassation a rendu définitive sa condamnation pour corruption de mineurs, pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016. En outre, l'animateur a renoncé le 22 janvier à contester une condamnation pour harcèlement sexuel dans un autre dossier, ce qui la rend définitive.
C.Caron--JdCdC