Journal du Club des Cordeliers - Iran et Etats-Unis s'activent pour retrouver un aviateur américain

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Iran et Etats-Unis s'activent pour retrouver un aviateur américain
Iran et Etats-Unis s'activent pour retrouver un aviateur américain / Photo: Jack GUEZ - AFP

Iran et Etats-Unis s'activent pour retrouver un aviateur américain

L'Iran et les Etats-Unis sont engagés samedi dans une course pour retrouver un des deux occupants du premier avion américain à s'être écrasé sur le territoire iranien depuis le début de la guerre, entrée dans sa sixième semaine.

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Dans le même temps, les frappes israélo-américaines se poursuivent en Iran, visant notamment un site pétrochimique et la centrale nucléaire de Bouchehr, selon des médias locaux.

Ces nouvelles frappes interviennent après le crash d'un avion américain dans le sud-ouest, un revers sérieux pour Washington.

L'armée iranienne a affirmé avoir abattu vendredi un chasseur-bombardier F-15E. Un des deux aviateurs s'est éjecté en vol et a été exfiltré au cours d'un raid des forces spéciales, le sort du second demeurant inconnu, ont rapporté des médias américains.

L'armée iranienne a aussi affirmé avoir touché un autre avion américain, un appareil d'appui aérien rapproché A-10 Thunderbolt II, qui s'est ensuite abîmé dans le Golfe. Le New York Times avait auparavant fait état de la chute d'un avion américain près du détroit d'Ormuz, ajoutant que son seul pilote avait été secouru sain et sauf.

Après un long silence, la Maison Blanche s'est bornée à dire que le président Donald Trump avait "été tenu informé" de la perte d'un appareil dans le sud-ouest de l'Iran.

Dans une interview à NBC, il a assuré que cela ne changeait "rien du tout" à la tenue d'éventuelles négociations avec Téhéran pour trouver une issue à ce conflit, qui ébranle l'économie mondiale.

Depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre Téhéran, aucun soldat américain n'a été tué ni capturé sur le sol iranien, mais 13 ont péri au Koweït, en Arabie saoudite et en Irak.

Les hostilités ont fait des milliers de morts, en grande majorité en Iran et au Liban.

- "Se planquer" -

Le F-15E a été détruit par un système de défense antiaérien des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne, a déclaré un porte-parole des forces armées. "Des recherches supplémentaires sont en cours", a-t-il dit.

L'antenne de la télévision d'Etat iranienne dans la région de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad (sud-ouest) a diffusé des images présentées comme celles de l'épave, promettant une "généreuse récompense" à qui livrerait l'aviateur.

Houston Cantwell, un ancien pilote de l'armée de l'air américaine, a expliqué à l'AFP que lors d'opérations similaires, des forces spéciales sont maintenues en permanence en état d'alerte pour secourir les pilotes en territoire ennemi.

"Cela procure une immense tranquillité d'esprit de savoir qu'ils feront tout leur possible pour venir vous chercher", a-t-il raconté, ajoutant toutefois: "en même temps, ils ne se lanceront pas dans une mission suicide".

Selon lui, la priorité pour un pilote se retrouvant dans cette situation est "de se planquer" et de trouver le meilleur endroit possible pour attendre une exfiltration, comme une clairière ou le toit d'un immeuble.

- Centrale nucléaire visée -

Pendant ce temps, une épaisse fumée grise recouvrait le nord de Téhéran en matinée, sans que l'on en connaisse l'origine. Un journaliste de l'AFP a entendu plusieurs puissantes détonations dans ce secteur, frappé la veille.

Des médias iraniens ont aussi fait état de frappes contre le site pétrochimique de Mahshahr (sud-ouest), faisant cinq blessés, selon un responsable local, et de nouveau contre la centrale nucléaire de Bouchehr (sud).

Un agent de sécurité a été tué dans le secteur de la centrale de Bouchehr, dont les installations n'ont pas été endommagées, selon l'agence Irna.

Donald Trump avait menacé de s'en prendre à des infrastructures civiles iraniennes comme les centrales électriques, bien que cela puisse exposer les Etats-Unis à des accusations de crimes de guerre.

A l'ouest de Téhéran, un immense pont à haubans en construction a été détruit jeudi par un bombardement. Selon un bilan cité par l'agence de presse iranienne Irna, cette frappe a tué 13 civils et fait des dizaines de blessés.

L'agence iranienne Fars a publié une liste de "ponts importants susceptibles d'être la cible de représailles iraniennes" au Moyen Orient. On y trouve en tête, avec 36 km de long, le pont Cheikh Jaber Al-Ahmad Al-Sabah au Koweït, mais aussi le pont Roi Fahd qui relie l'Arabie saoudite et Bahreïn sur 25 km.

- Dégâts dans le Golfe -

L'Iran dit viser le Golfe qui abrite des intérêts américains, en représailles aux frappes visant son territoire.

A Bahreïn, des chutes de débris provenant de drones interceptés ont fait quatre blessés légers et des dégâts matériels, tandis qu'à Dubaï, deux immeubles ont été endommagés, dont celui de la compagnie américaine Oracle.

Les Gardiens de la Révolution avaient menacé cette semaine de cibler les compagnies technologiques américaines dans la région.

Dans le détroit d'Ormuz, quasiment fermé par Téhéran depuis le début de la guerre, un second navire appartenant à un armateur turc a pu passer, a indiqué Ankara samedi.

Un premier bateau turc l'avait précédé dans cette voie maritime cruciale pour l'approvisionnement pétrolier mondial, "avec l'autorisation de l'Iran", le 13 mars. Un porte-conteneur du transporteur français CMA-CGM et un méthanier japonais avaient aussi emprunté jeudi le détroit, dont la quasi-fermeture provoque une envolée des prix mondiaux du pétrole et du gaz.

En Israël, aussi la cible de frappes iraniennes, une personne a été légèrement blessée à l'aube par des éclats de verre dans la banlieue de Tel-Aviv, selon les services de secours, après une alerte aux missiles iraniens.

burx-bar/cgo

G.Guillet--JdCdC