Dans le sud du Liban, un mort et huit blessés dans des frappes israéliennes (ministère)
Après avoir de nouveau appelé des localités du sud du Liban à évacuer, Israël a mené des frappes dimanche qui ont fait un mort et blessé huit personnes, dont quatre secouristes, a annoncé le ministère libanais de la Santé.
Ces attaques ont été menées en dépit de la trêve entre Israël et le groupe pro-iranien Hezbollah, entrée en vigueur le 17 avril.
Dans un communiqué, le ministère de la Santé a condamné ces attaques, regrettant qu'il se passe "exactement le contraire" de ce que prévoit l'article 19 de la Convention de Genève "concernant la nécessité de s'assurer que les installations médicales soient à l'abri de tout danger causé par des attaques dans les zones de conflit".
L'armée israélienne avait auparavant émis des appels "urgents" à évacuer pour des localités situées au-delà du secteur qu'elle contrôle dans le sud et désigne comme une "zone de sécurité".
Avichay Adraee, un porte-parole de l'armée en langue arabe, avait publié sur X un avertissement adressé aux habitants de plusieurs localités, dont Nabatiyé et celles qui ont été visées, Arabsalim et Srifa.
Nabatiyé est située à plusieurs kilomètres au nord de la "ligne jaune", qui délimite la zone d'une dizaine de km de profondeur à l'intérieur du territoire libanais dans laquelle Israël poursuit ses opérations.
"Toute menace (...) même au-delà de la ligne jaune et du nord du fleuve Litani (à 30 km au nord de la frontière, NDLR) sera éliminée", avait mis en garde mercredi, lors d'une visite sur place, le chef d'état-major de l'armée israélienne, Eyal Zamir.
Le président libanais, Joseph Aoun, avait appelé Israël à mettre "pleinement en oeuvre le cessez-le feu", avant tout lancement des négociations de paix prévues sous parrainage américain.
Selon les termes de l'accord de trêve, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense" contre le Hezbollah.
Dimanche, un député du mouvement, Hassan Fadlallah, a assuré que l'organisation était en mesure de "faire échouer" les discussions entre Israël et le Liban, qu'elle rejette.
"Ces négociations, avec tous leurs effets, ne nous concernent pas. Nous ne les mettrons pas en oeuvre, nous ne les laisserons pas aboutir", a-t-il déclaré.
Les frappes israéliennes ont fait plus de 2.600 morts et déplacé plus d'un million de personnes depuis que le Hezbollah a relancé les hostilités le 2 mars, en soutien à son allié iranien, ciblé par une offensive israélo-américaine.
Depuis cette date, 17 soldats israéliens sont morts au Liban, dont deux cette semaine. Un civil israélien travaillant pour l'armée a également péri pendant cette période.
L.Lambert--JdCdC