Journal du Club des Cordeliers - Exercice militaire américain au Venezuela, entre curiosité et critiques

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Exercice militaire américain au Venezuela, entre curiosité et critiques
Exercice militaire américain au Venezuela, entre curiosité et critiques / Photo: Federico PARRA - AFP

Exercice militaire américain au Venezuela, entre curiosité et critiques

Cinq mois après la capture du président Nicolas Maduro, des Vénézuéliens étaient partagés samedi entre curiosité et critiques en observant des hélicoptères américains survoler et atterrir à Caracas, pour un exercice aérien d'évacuation de leur ambassade.

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C'est "quelque chose d'inédit", affirme Augusto Perez, ingénieur de 70 ans, qui faisait partie des dizaines de riverains et curieux qui ont regardé et filmé, samedi, l'atterrissage dans l'enceinte de l'ambassade de deux aéronefs militaires Bell Boeing MV-22B Osprey.

Le bruit de leurs hélices a retenti dans les environs du quartier aisé de l'est de Caracas où se trouve la représentation diplomatique américaine.

Dans un des hélicoptères se trouvait le général Francis Donovan, chef du commandement militaire américain pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Southcom) qui marquait samedi sa deuxième visite officielle dans le pays.

"Il a participé à des entretiens bilatéraux avec de hauts dirigeants du gouvernement intérimaire, s'est réuni avec la direction et le personnel de l'ambassade des États-Unis, et a observé le déroulement d'un exercice de réponse militaire mené par la force conjointe", a indiqué le Southcom sur son compte X.

L'attaque du 3 janvier comprenait notamment des survols d'avions et d'hélicoptères américains avec des bombardements de nombreux points de la capitale et de villes environnantes. L'opération avait semé la panique à Caracas et dans les environs, et fait près d'une centaine de morts, dont des civils.

Cette fois, les habitants, loin d'être effrayés, regardaient avec curiosité.

"Je veux voir comment ils atterrissent", raconte M. Perez, depuis un belvédère où s'étaient massés résidents et journalistes.

Vers 10h30 locales (14h30 GMT), les deux aéronefs militaires se sont approchés de la représentation diplomatique des États-Unis, a constaté une équipe de l'AFP. Leur atterrissage sur le parking de l'ambassade a soulevé poussière et feuilles.

"En 56 ans, c'est la première fois que je vois ça", commente Franco Di Prada, un habitant du quartier.

Selon l'ambassade américaine, il s'agit d'un "exercice militaire". "Garantir la capacité de réponse rapide de l'armée est un élément clé de la préparation de la mission, tant ici au Venezuela que dans le monde entier", écrit l'ambassade sur les réseaux sociaux.

Le Venezuela avait annoncé jeudi qu'il avait autorisé l'exercice, déclenchant des critiques au sein d'une partie des militants pro-pouvoir, qui restent hostiles aux Etats-Unis.

Une poignée de militants ont ainsi manifesté samedi dans l'ouest de Caracas avec le slogan "Non à l'exercice yankee" écrit sur un drapeau du Venezuela. Rita Gonzalez, interprète de 28 ans, rejette "l'ingérence militaire" des États-Unis, disant toutefois comprendre l'autorisation accordée par les autorités.

"Malheureusement, notre gouvernement a un pistolet sur la tempe, il ne faut pas oublier qu'ils ont enlevé notre président", souligne-t-elle.

Tous ceux qui se sont réunis sont "mécontents face à l'action militaire de l'ambassade des États-Unis ici au Venezuela", dit Inés Vivas, professeure d'université de 69 ans. "Nous sommes en état de guerre depuis le moment où ils nous ont bombardés", a-t-elle ajouté.

Caracas et Washington ont rétabli en mars leurs relations diplomatiques, après plus de sept ans de rupture sous la présidence de Maduro. La présidente par intérim Delcy Rodríguez, qui a succédé à Maduro dont elle était la vice-présidente, gouverne sous une forte pression de Washington. Elle a notamment fait adopter des lois sur les hydrocarbures et sur le code minier ouvrant les secteurs aux capitaux étrangers.

Aujourd'hui décédé, le président Hugo Chávez (1999-2013) -- d'inspiration socialiste et très critique de "l'empire américain" -- avait mis fin à la coopération et aux échanges militaires avec les États-Unis, réorientant ses alliances vers la Russie, Cuba et l'Iran.

P.Martin--JdCdC