Journal du Club des Cordeliers - Israël pointe la "menace" turque après une frappe sur une base syrienne, Ankara dément

Euronext
AEX -0.67% 1107.32
BEL20 -0.06% 5758.98
PX1 -0.82% 8509.36
ISEQ -1.26% 14086.61
OSEBX -0.41% 2081.55 kr
PSI20 0.93% 9305.02
ENTEC -0.41% 1416.23
BIOTK 0.74% 4771.88
N150 -0.91% 4299.74
Israël pointe la "menace" turque après une frappe sur une base syrienne, Ankara dément
Israël pointe la "menace" turque après une frappe sur une base syrienne, Ankara dément / Photo: George OURFALIAN - AFP/Archives

Israël pointe la "menace" turque après une frappe sur une base syrienne, Ankara dément

La Turquie a rejeté mercredi des allégations israéliennes selon lesquelles Ankara se préparait à déployer des troupes en Syrie, au lendemain de frappes qui ont visé une base aérienne dans ce pays.

Taille du texte:

Israël a accusé mardi la Turquie de représenter une "menace" en se préparant à envoyer des troupes sur la base aérienne d'Abou Dhouhour, sans toutefois revendiquer explicitement cette frappe, qui a visé cette infrastructure en cours de réfection dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Les Etats-Unis ont toutefois attribué cette frappe à leur allié israélien et l'ont condamnée.

Cette attaque marque un acte de défiance rare de la part d'Israël envers Washington, qui a cherché à soutenir le nouveau gouvernement syrien dirigé par un ancien jihadiste allié à la Turquie.

"Israël a averti à plusieurs reprises la Syrie qu'un tel déploiement constituerait une menace pour la sécurité d'Israël. La Syrie a choisi d'ignorer ces avertissements", a déclaré le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Ankara a toutefois nié tout projet de déploiement de troupes en Syrie.

"Les allégations infondées avancées par le cabinet du Premier ministre israélien visent à légitimer les frappes aériennes illégales d'Israël, qui portent atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Syrie", a déclaré le gouvernement dans un communiqué relayé par l'agence étatique Anadolu.

- "Escalade inutile" -

La Turquie a été le premier pays à majorité musulmane à reconnaître Israël, mais les relations se sont tendues avec le président Recep Tayyip Erdogan. Issu de la mouvance de l'islam politique, ce dernier a vivement dénoncé Israël, notamment en raison de son offensive dévastatrice à Gaza.

Damas a condamné "dans les termes les plus forts" une "agression injustifiée" de la part de son voisin.

L'envoyé spécial du président américain en Syrie, Tom Barrack, a indiqué que les Etats-Unis étaient "profondément préoccupés" par "les frappes aériennes israéliennes confirmées contre la base aérienne d'Abou Dhouhour", dénonçant "une escalade inutile qui ne favorise en rien la stabilité régionale".

La télévision d'Etat a fait état de "huit frappes" aériennes israéliennes sur la base, qui ont entraîné "des dommages matériels" mais sans faire de victimes.

Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie depuis le renversement, en décembre 2024, du président Bachar al-Assad par une coalition de groupes islamistes.

Il a aussi déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l'ONU, qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, affirmant y avoir mis en place une "zone de sécurité" dont il revendique le maintien.

- Visite turque récente -

L'aéroport, qui a subi de lourds dégâts pendant la guerre civile syrienne, est hors service depuis 2012, selon une source sécuritaire à l'AFP, et il est protégé par les forces du ministère syrien de la Défense.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ONG basée au Royaume-Uni et disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, ces frappes ont eu lieu après "la visite, ces derniers jours, d'une délégation militaire turque à l'aéroport dans le cadre des efforts en cours visant à le remettre en service".

La Syrie a à de nombreuses reprises condamné les opérations israéliennes sur son territoire, et exigé le retrait des troupes qu'Israël y a déployées.

Malgré ces tensions, Israël et les nouvelles autorités syriennes ont tenu plusieurs séries de pourparlers directs et ont convenu de mettre en place un mécanisme de partage de renseignements.

A leur arrivée au pouvoir en décembre 2024, les nouvelles autorités islamistes de Damas avaient pris le contrôle de l'aéroport d'Abou Dhouhour, tenu par les forces du président déchu Bachar al-Assad depuis fin 2018, après que des factions armées rebelles et djihadistes eurent pris le contrôle d'une grande partie de la province d’Idleb trois ans plus tôt.

Les nouvelles autorités ont rallié la coalition internationale menée par les Etats-Unis dans le cadre de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), dont des résidus restent actifs dans le pays.

Damas a ainsi annoncé mardi avoir arrêté un haut commandant de l'EI dans le nord du pays.

burs/phs/vgu

R.Renault--JdCdC