Journal du Club des Cordeliers - Accord pétrolier avec les Etats-Unis: le Venezuela a "besoin de plus que de l'argent", déclare la Prix Nobel Machado

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Accord pétrolier avec les Etats-Unis: le Venezuela a "besoin de plus que de l'argent", déclare la Prix Nobel Machado
Accord pétrolier avec les Etats-Unis: le Venezuela a "besoin de plus que de l'argent", déclare la Prix Nobel Machado / Photo: RONALDO SCHEMIDT - AFP/Archives

Accord pétrolier avec les Etats-Unis: le Venezuela a "besoin de plus que de l'argent", déclare la Prix Nobel Machado

La cheffe de l'opposition vénézuélienne et Prix Nobel de la Paix Maria Corina Machado, réagissant à l'accord pétrolier "historique" conclu entre son pays et les Etats-Unis, a estimé jeudi que le Venezuela avait "besoin de plus que de l'argent" et qu'il fallait un gouvernement "démocratique".

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Vendredi, huit mois après la capture de Nicolas Maduro par l'armée américaine, Donald Trump a annoncé la conclusion avec le Venezuela d'un accord qui verrait les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves de pétrole du pays.

Le Venezuela considère qu'il en retirera des gains de 209 milliards de dollars sur 25 ans.

Mercredi, dans le sillage de cet accord avec Washington, le gouvernement vénézuélien a signé des contrats avec les compagnies pétrolières Chevron et Eni pour étendre leurs activités dans le pays, ainsi qu'avec GE Vernova pour redresser l'industrie électrique.

"Le secteur pétrolier n'est qu'une partie de l'immense reconstruction que nous devons entreprendre au Venezuela. Il nécessite des investissements colossaux, mais il a besoin de bien plus que de l'argent", a jugé Mme Machado, dans une déclaration sur les réseaux sociaux, au sujet de l'accord permettant aux Etats-Unis de contrôler environ un cinquième des réserves pétrolières de son pays.

"Les Vénézuéliens savent qu'il n'y a pas de développement possible sans institutions solides et sans gouvernement élu par le vote populaire. C'est la seule et véritable garantie de succès et de stabilité pour tout investissement de grande envergure", a poursuivi Mme Machado, qui vit en exil au Panama.

"Je sais ce que vous (les Vénézuéliens) ressentez: tristesse, colère et ce malaise si récurrent dans notre histoire, parce que quelqu'un décide de ce qui nous appartient (...) On ne connaît pas encore la véritable portée de cet accord: qui signe ? Que signe-t-on réellement ? Qui met l'argent ? Qui fournit les garanties ?", s'interroge Mme Machado.

Mais elle se montre aussi soucieuse de préserver les Etats-Unis.

- "Les ennemis des Etats-Unis" -

"Le patrimoine de notre sous-sol n'appartient pas à un REGIME ILLEGITIME, il appartient au peuple vénézuélien. Bien entendu, les Etats-Unis sont le partenaire principal dont le Venezuela a besoin pour développer pleinement sa valeur stratégique", a-t-elle assuré.

"Les ennemis des Etats-Unis au Venezuela sont aujourd'hui à Miraflores" (palais présidentiel vénézuélien, NDLR), a-t-elle lancé.

"Parce que cette association entre le Venezuela et les Etats-Unis revêt un caractère stratégique pour les deux pays, nous avons tous besoin QUE LES CHOSES SOIENT BIEN FAITES (...) Tout cela exige un travail soutenu fondé sur des principes non négociables de transparence absolue, de légalité et d'efficacité. Et cela n'est possible qu'avec la légitimité et la stabilité qu'offre un gouvernement sérieux et démocratique", insiste-t-elle.

Le président Trump a exprimé à maintes reprises sa satisfaction à l'égard du travail de la présidente par intérim Delcy Rodriguez, arrivée au pouvoir après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines début janvier.

La dirigeante a notamment réformé les lois sur le pétrole et les mines pour ouvrir ces secteurs aux capitaux privés, notamment étrangers, et a négocié l'accord pétrolier avec Washington.

Bien que les autorités américaines le nient, de nombreux observateurs estiment qu'il existe un veto américain au retour de Mme Machado, qui a indiqué son intention de revenir "bientôt" dans son pays.

Mercredi, M. Trump a une nouvelle fois estimé que le Venezuela n'était "pas encore prêt" pour des élections.

Washington supervise depuis août des négociations entre le pouvoir et une partie de l'opposition. La première série de pourparlers a notamment conduit à une promesse de réforme judiciaire.

La prochaine phase de ces discussions de transition "aura lieu dans environ 10 jours", a précisé mercredi le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur Fox News.

Mme Machado, qui n'a pas été invitée à ces négociations, a précisé qu'elle ne les entraverait pas. Alors que certains opposants estiment que Dinorah Figuera, la cheffe de la délégation de l'opposition, n'est pas légitime, une source proche de la délégation souligne que celle-ci reconnaît Mme Machado comme "cheffe de l'opposition vénézuélienne, la voix que les Vénézuéliens identifient comme leur propre voix".

M. Maduro, poursuivi et incarcéré à New-York pour trafic de drogue, a demandé à la justice américaine de rejeter l'acte d'accusation contre lui, arguant de son immunité en tant que chef d'Etat étranger.

F.Fontaine--JdCdC