Journal du Club des Cordeliers - Hôpital: les représentants d'anesthésistes veulent "interdire le travail plus de 16H consécutives"

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Hôpital: les représentants d'anesthésistes veulent "interdire le travail plus de 16H consécutives"
Hôpital: les représentants d'anesthésistes veulent "interdire le travail plus de 16H consécutives" / Photo: Ludovic MARIN - POOL/AFP/Archives

Hôpital: les représentants d'anesthésistes veulent "interdire le travail plus de 16H consécutives"

"Réduire l'amplitude horaire" des médecins, pour réduire la "mortalité évitable": le syndicat des anesthésistes réanimateurs hospitaliers appelle jeudi à mettre fin aux plages de travail trop longues, de "16 heures consécutives" et plus, préjudiciable selon une récente étude américaine à la sécurité des patients.

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"Le rythme de travail des médecins anesthésistes-réanimateurs (et autres spécialités de l’urgence) est composé le plus souvent de journées de 8 à 12 heures de travail consécutives", et "de gardes de 24 heures", un temps de travail "antiphysiologique", rappelle dans un communiqué le SNPHARE, qui représente tous les médecins anesthésistes-réanimateurs de l’hôpital public.

"Une étude récemment publiée dans Jama Network Open, s’intéressant à plus de 1,5 million de procédures chirurgicales aux Etats-Unis, met en évidence le préjudice direct pour le patient" lorsque la durée de travail du médecin anesthésiste-réanimateur dépasse 12 heures et surtout, lorsqu'elle est "supérieure à 16 heures", note-t-il.

Après plus de 16 heures, l'étude américaine observe "30% de mortalité intrahospitalière supplémentaire, c’est-à-dire 30% de risque supplémentaire de mourir pour le patient", souligne le syndicat.

Pour le SNPHARE, "le modèle de 16 heures de travail consécutif -correspondant, pour un patient, à une prise en charge après minuit par un praticien travaillant depuis 8 heures du matin- doit être abandonné".

L'un des "challenges" du XXIe siècle est de "réduire la mortalité post-opératoire" et "cela passe par l’évolution des techniques", et "l'optimisation" du parcours global du patient mais aussi par "le facteur humain", la "fatigue du médecin anesthésiste-réanimateur", insiste-t-il.

"Les patients qui ont eu une anesthésie après minuit représentaient 0,5% des patients en 1996 ; aucune donnée (...) n’a été publiée depuis, mais ce chiffre a probablement doublé en 30 ans: les urgences chirurgicales représentent actuellement 30% des actes chirurgicaux pratiqués en France, versus environ 15% en 1996", analyse encore le SNPHARE.

Il juge l'enjeu "de taille" au niveau national, et de nature à réduire la mortalité "évitable".

L'organisation appelle donc à "modifier la réglementation en interdisant le travail de plus de 16 heures consécutives", et plus largement à "clarifier et diminuer le volume horaire hebdomadaire des médecins anesthésistes-réanimateurs" pour favoriser la santé des praticiens, leur équilibre vie privée/vie professionnelle et l'attractivité de la profession, comme recommandé dans un récent rapport Igas-IGF.

Il plaide aussi pour "augmenter très nettement les effectifs d’internes" dans la spécialité.

eva/rap/kal

C.Chevalier--JdCdC