Trois mille docteurs juniors rejoignent la médecine générale dans les zones sous-dotées
Trois mille nouveaux généralistes d’un coup à compter de ce lundi 2 novembre 2026, avec une deuxième vague de 500 prévue en mai 2027 : le ministère de la Santé pavoise avec la instauration de sa réforme de 2022, imposée par 49.3 à l’Assemblée en dépit des grèves, alors, des internes. Ces jeunes généralistes ont déjà soutenu leur thèse, mais doivent effectuer une quatrième année d’internat supplémentaire et poursuivre leur…
Trois mille nouveaux généralistes d’un coup à compter de ce lundi 2 novembre 2026, avec une deuxième vague de 500 prévue en mai 2027 : le ministère de la Santé pavoise avec la instauration de sa réforme de 2022, imposée par 49.3 à l’Assemblée en dépit des grèves, alors, des internes. Ces jeunes généralistes ont déjà soutenu leur thèse, mais doivent effectuer une quatrième année d’internat supplémentaire et poursuivre leur formation, qui passe désormais à neuf ans, s’alignant sur celle des médecins spécialistes. Pour les patients qui résident dans des déserts médicaux, la bonne nouvelle est que, comme tout médecin inscrit à l’Ordre, ils assurent les consultations, les soins et le suivi des maladies chroniques, sous la responsabilité d’un praticien maître de stage.
Un dispositif encore trop loin du compte Environ 80 % d’entre eux ont été affectés dans des zones en grande difficulté d’accès aux soins (Zip, Zac, et quartiers de politique de la ville), d’après le ministère de la Santé.
Le dispositif est loin de combler immédiatement tous les trous : l’Île-de-France accueillera par exemple 400 docteurs juniors, dont 74 en Seine-Saint-Denis, 64 dans l’Essonne ou 58 à Paris, d’après l’Agence régionale de santé (ARS). Ils seront 102 en Centre-Val-de-Loire, au cœur de la « diagonale du vide » médical, dont 21 dans le Loir-et-Cher et le Loiret, 18 en Eure-et-Loir ou 16 dans l’Indre. Il y en aura également 241 en Occitanie, avec par exemple 59 praticiens en Haute-Garonne, 35 dans le Gard, 14 dans l’Aveyron, ou six dans le Lot et en Lozère.
La grande majorité va exercer 4 jours par semaine en cabinet, maison de santé pluri-professionnelle ou en centre de santé, et d’autres à l’hôpital. Comme tout interne, ils sont rémunérés : un peu plus de 2 700 euros bruts mensuels, avec 400 euros supplémentaires de prime « d’autonomie supervisée », plus une prime allant jusqu’à 1 000 euros (en fonction du recul de la zone), et une autre pour les gardes, d’après le ministère.
Une rémunération qui est le fruit de la lutte des syndicats d’internes : dans un communiqué commun, l’Isni et l’Anemf évoquaient, à la parution des décrets en août 2025, « une victoire certaine », « alors que le modèle initial du gouvernement prévoyait une rémunération inférieure ». Les finances de l’État demeurent gagnantes avec un système de rémunération fixe inférieur à la moyenne d’un généraliste, là où les représentants des internes souhaitaient une rétrocession d’honoraires, comme lors du remplacement en cabinet d’un généraliste. En présentant cette stratégie de lutte contre les déserts médicaux début 2025, l’ancien premier ministre François Bayrou estimait que cette année de stage, combinée aux deux jours de solidarité pour les médecins, conduirait à générer jusqu’à 50 millions de consultations supplémentaires par an dans les déserts médicaux.
Un calcul optimiste pour le syndicat d’internes Isnar-MG, qui rappelle que, sans cette année supplémentaire, les jeunes médecins se seraient installés et auraient naturellement assuré ces consultations. Oui, on s’en doute : vous en avez assez
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A.Aubert--JdCdC