Euro de hand: la France surclasse le Portugal et se relance
Déchaînés et en mode record, les Bleus ont infligé une claque au Portugal (46-38), samedi à Herning (Danemark), pour se relancer dans le tour principal de l'Euro après leur défaite jeudi contre le Danemark (32-29).
Avec quatre points, les champions d'Europe en titre se placent provisoirement en tête du groupe I, dont les deux premières places sont qualificatives pour le dernier carré, en attendant les autres rencontres de la journée (Espagne-Danemark et Allemagne-Norvège). Tout autre scénario samedi aurait éteint en grande partie leurs espoirs de qualification.
"La vérité est que celui qui perdait sortait, a déclaré Elohim Prandi, et on n'en avait pas envie! On avait à coeur de rebondir", après une défaite frustrante face aux Danois.
Pour ce faire, les Bleus ont donc éparpillé façon puzzle le Portugal, nation montante en Europe, quatrième attaque de l'Euro avant la rencontre et face à laquelle ils avaient dû batailler un an plus tôt pour accrocher le bronze au Mondial (35-34).
Cette fois, le suspense a vite laissé place à la démonstration.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes: 28 buts inscrits en une mi-temps (28-15) - nouveau record dans un Euro - 88% d'efficacité au tir dans le premier acte (78 au total) et la principale menace portugaise, les frères Martim et Kiko Costa, limitée à cinq buts au total. Les Français ont rendu une copie au presque parfait.
"Notre première période est excellente dans tous les domaines, a salué le sélectionneur Guillaume Gille. Quand on est capable d'allier notre efficacité défensive avec notre jeu rapide et de trouver des situations favorables, on se rend compte de la puissance de feu de l'équipe."
Quant au contenu, il a été tout aussi impressionnant alors que ses joueurs comptaient déjà cinq buts d'avance au bout de 10 minutes, Dika Mem venant s'offrir une sublime roucoulette pour illustrer un match impeccable de sa part (8/8).
- Mem et Bolzinger dans un grand jour -
Ses coéquipiers n'ont pas été en reste dans l'animation offensive: auteur de deux interceptions en début de rencontre devant des Portugais apathiques, Ludovic Fabregas a montré la voie, quand Thibaud Briet (4/5) et Elohim Prandi (3/5) ont aussi fait parler leur puissance.
C'est simple, les Bleus ont pendant près de 20 minutes fait preuve de 100% d'efficacité avant que Melvyn Richardson (5/8) ne bute face à Pedro Tonicher.
Tonicher et l'autre gardien portugais Gustavo Capdeville ont passé une après-midi bien difficile, en contraste avec celle de Charles Bolzinger.
Le Montpelliérain avait déjà laissé un mauvais souvenir au 4e du dernier mondial, en conservant le petit avantage des Français lors du match pour la troisième place grâce à un improbable arrêt de la tête.
Il les a cette fois écoeurés en trente minutes, en se montrant notamment intraitable devant les deux premières tentatives de Francisco "Kiko" Costa, et en réalisant sept arrêts.
Moins décisif au retour des vestiaires, il a réalisé deux nouvelles parades (9/41 à 22%) avant de laisser sa place à Rémi Desbonnet.
"Il en faudra plus pour la suite, il faut que j'arrive à encore franchir une étape", a analysé le joueur de 25 ans, pas totalement satisfait.
Côté portugais, Victor Iturizza a tout de même rendu une copie complète (5/5), et les Bleus ont continué de dérouler. Pour offrir à la Boxen de Herning un nouveau record dans un Euro: 84 buts entre les deux formations. Et une excellente réaction.
A.Bernard--JdCdC