F1: Antonelli veut enfoncer le clou sur le nouveau circuit de Madrid
Quelques jours après sa folle remontée et son triomphe à domicile à Monza, l'Italien Kimi Antonelli (Mercedes) tentera d'enfoncer le clou ce week-end en Espagne où les pilotes découvriront le "Madring", nouveau circuit qui s'annonce spectaculaire.
Le jeune pilote de 20 ans n'a quasiment pas eu le temps de savourer son inattendue victoire dans le "Temple de la vitesse", où il s'est imposé après s'être élancé en 19e position, qu'il doit déjà repartir au front pour essayer de se rapprocher de sa première couronne mondiale.
Avec 66 points d'avance sur son coéquipier britannique George Russell alors qu'il reste dix courses à disputer, Antonelli est en très bonne position et pourrait assommer la concurrence pour de bon ce week-end, même s'il se défend de penser au titre.
"La saison est encore longue, il est beaucoup trop tôt pour prendre des décisions en piste en ayant le titre en tête. Je ne veux surtout pas disputer des essais ou des courses en pensant au titre, je vais tout faire pour éviter cela", a martelé l'Italien.
- Russell résigné -
Son principal adversaire, qui n'est autre que son coéquipier, est apparu très touché et même résigné dimanche après avoir dû s'incliner en fin de course face à son voisin de garage, qui l'a doublé à quatre tours de la fin pour conclure en beauté sa remontée fantastique.
"Je ne pense pas que ce soit possible (de remonter) car Kimi pilote actuellement à un niveau incroyable, il est meilleur que moi. Je ne pense pas au championnat car il faudrait avoir de la chance en chemin pour combler cet écart", a estimé Russell jeudi.
Par ailleurs, les pilotes expérimentés ne bénéficient pas ce week-end de l'avantage d'avoir couru plusieurs fois sur le nouveau tracé espagnol puisqu'ils vont tous découvrir ce circuit semi-urbain de Madrid, qui promet des sessions très animées.
"C'est probablement le circuit le plus dangereux de l'année, avec des murs, des virages très rapides, certains en aveugle", a estimé Russell.
Avec peu de dégagements et donc des murs très proches de la piste, la moindre erreur coûtera cher. Fin août, lorsque les pilotes de F3 ont testé le Madring, il y a eu pas moins de 19 drapeaux interruptions de séance.
- L'adaptation, clé du week-end -
"Je pense qu'il va y avoir pas mal de drapeaux rouges", a prédit jeudi le Français Pierre Gasly (Alpine), qui va aborder la course "comme à Monaco, en y allant étapes par étapes, sans attaquer à fond dès le début des séances comme sur d'autres circuits."
Tous les pilotes, jeunes comme vétérans, vont donc être logés à la même enseigne et devront s'adapter aux conditions qui s'annoncent changeantes, notamment l'adhérence.
"On pourra faire des choses lors de la troisième séance d'essais libres ou en qualifications qu'on ne pourra pas faire lors des premiers essais", a expliqué Gasly, qui avait décroché à la surprise générale la première pole position de sa carrière à Monza, mais aura bien du mal à récidiver ce week-end.
Les pilotes devront se montrer prudents lors des premiers roulages, avant de petit à petit lâcher les chevaux: "Je m'attends à ce qu'il y ait énormément d'évolution en termes de temps. On va gagner cinq secondes entre les premiers essais et les qualifications", a ainsi estimé le Normand.
La reconnaissance du circuit, que certains effectuent à pied et d'autres à vélo, sera bien plus importante que d'habitude. Si les pilotes ont tous découvert le circuit au simulateur, les sensations ne sont pas les mêmes dans la réalité.
"Je vais faire quatre tours au lieu d'un, pour bien me mettre le circuit en tête. Je le fais à vélo car ça me permet, avec un peu plus de vitesse, de regarder mon point de freinage, de voir la corde, de faire un peu mes trajectoires", a encore détaillé Gasly.
H.Henry--JdCdC