Stadler inaugure une voie d'essai pour les premiers trains à hydrogène à écartement métrique
Stadler a mis en service une voie d'essai de quatre kilomètres à Bussnang pour valider les premiers trains à hydrogène conçus pour l'écartement métrique italien. Cette infrastructure permet au constructeur de tester ses véhicules avant leur déploiement en Sardaigne, en Sicile et en Calabre.
Le constructeur ferroviaire suisse Stadler a inauguré une nouvelle voie d'essai à Bussnang, en Suisse, pour valider les premiers trains à hydrogène conçus spécifiquement pour l'écartement métrique italien. Cette infrastructure de quatre kilomètres, située entre les gares de Ramsen et Hemishofen, constitue une étape technique majeure avant la livraison des véhicules au réseau sud italien.
Contrairement aux réseaux ferrés standardisés dans la plupart des pays, le système ferroviaire du sud de l'Italie, notamment en Sardaigne, en Sicile et autour de Naples, utilise un écartement de 950 millimètres. Cette configuration unique nécessite des adaptations techniques spécifiques que Stadler doit désormais vérifier rigoureusement.
La voie d'essai a été aménagée comme une troisième rail au sein des infrastructures existantes à écartement normal. Ansgar Brockmeyer, directeur de la division Marketing & Sales et vice-président du groupe chez Stadler, explique que cette proximité avec l'usine et la propriété privée de la ligne permettent une grande flexibilité dans les plannings de test. Cette initiative découle des expériences menées précédemment avec un train à hydrogène pour la Californie.
Selon Brockmeyer, cette solution locale offre un avantage stratégique considérable : elle évite d'envoyer trois équipes distinctes sur les sites futurs en Calabre, Sicile et Sardaigne. Les tests initiaux se concentreront sur le système de propulsion à hydrogène, avec des essais à différents niveaux de remplissage du réservoir et à diverses vitesses. Des vérifications liées à l'accélération et au freinage suivront.
Alessio Salvatore, chef de projet pour ce train à hydrogène chez Stadler, souligne que cette phase est cruciale pour ces véhicules techniquement complexes. Il précise que les trains offriront 89 places assises, dont 15 pliantes, et 81 places debout. Ces caractéristiques les rendent particulièrement adaptés aux régions montagneuses, avec une meilleure accélération, un fonctionnement plus silencieux et une réduction significative des émissions de CO2 par rapport aux diesel.
Carlo Poledrini, directeur général d'ARST, l'opérateur concerné, qualifie cette livraison d'étape importante dans une vaste investissement pour l'avenir du transport en Sardaigne. Après les validations en Suisse, les trains subiront encore des tests intensifs sur place dans des conditions réelles.
Salvatore met toutefois en garde contre une vision universaliste de cette technologie. Il insiste sur la nécessité d'évaluer chaque situation locale et souligne que l'origine de l'hydrogène est déterminante. Dans le cas italien, ce critère est satisfait car les entreprises productrices fabriquent leur propre hydrogène.
L'objectif affiché est de remplacer progressivement les rames diesel actuelles. Dix de ces nouveaux trains devraient permettre d'économiser plus de 2 100 tonnes de CO2 par an par rapport aux véhicules précédents, marquant ainsi un pas vers une mobilité ferroviaire régionale décarbonée.
V.Vidal--JdCdC